PMA : Vers une avancée avec le dépistage génétique préconceptionnel ?
Voilà qui devrait remettre une pièce dans la machine, deux semaines seulement après que la députée écologiste Marine Tondelier a indiqué avoir eu recours à un diagnostic préimplantatoire d’aneuploïdies (DPI-A) en Belgique. La pratique, interdite en France pour les couples lambda, fait régulièrement débat dans le domaine de la procréation médicalement assistée, car elle permettrait aux couples infertiles de s’asr d’implanter un embryon génétiquement viable.
Un diagnostic déjà autorisé à l’étranger
Dans un nouveau rapport, l’Académie nationale de médecine a pris position sur le Dépistage Génétique Préconceptionnel (DGP), étape qui précède un éventuel DPI ou DPI-A. Le DGP, réalisé avant la conception d’un enfant par les deux partenaires d’un couple, indiquera si ce couple est à risque élevé d’avoir un enfant atteint d’une maladie génétique. En découlera la possibilité de réaliser un DPI sur les embryons conçus in vitro, pour implanter un embryon dénué de risque, ou d’autres procédures selon le choix du couple.
Les sages de la société savante ont constitué un groupe de travail afin de collecter les informations les plus récentes sur le sujet, analyser la situation actuelle à l’étranger, envisager les aspects techniques, éthiques, économiques, etc.
L’Académie rappelle ainsi qu’actuellement, « le DGP en population générale, c’est-à-dire en l’absence d’antécédents familiaux justifiant un test spécifique, est interdit par la loi, contrairement à plusieurs pays étrangers, européens et non européens, où il est autorisé, voire encouragé (USA, Israël, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Australie, Canada, Allemagne, Chypre, Arabie saoudite, Malaisie, Chine, Inde) ».
Actuellement en France, un couple à risque de transmettre une maladie génétique à son enfant ne pourra en être informé que si une personne apparentée est atteinte, ou si un premier enfant est atteint d’une maladie génétique grave et incurable.
Si le résultat du test montre que le couple est « à risque » de transmettre une maladie génétique, plusieurs choix lui seront possibles :
- Assumer le risque potentiel d’un enfant malade pour se préparer à son accueil et, le cas échéant, envisager une thérapie précoce si elle existe ;
- S’orienter vers le diagnostic pré-implantatoire (DPI), qui permet de sélectionner et d’implanter, lors d’une procédure d’assistance médicale à la procréation (AMP), un embryon non atteint ;
- Opter pour une procédure de diagnostic prénatal (DPN), en cours de grossesse, avec la possibilité de l’interrompre si l’embryon est atteint ;
- S’orienter vers un don de gamète (ovocyte ou spermatozoïde) ou vers une adoption.
Un progrès dont il serait dommage de se passer ?
Cependant, en l’absence d’antécédents familiaux, le DGP n’est pas autorisé. Une interdiction qui interroge d’autant plus l’Académie de médecine, car l’opinion publique semble favorable à l’élargissement de ce dépistage. Selon une étude de 2021, 91 % de Français se déclarent en faveur de ces tests, et 57 % souhaiteraient le faire s’il était disponible.
L’Académie de médecine se dit donc en faveur de la levée de l’interdiction, estimant que le DGP « constitue un progrès dans l’information et la liberté de choix des couples ayant un projet parental », et qu’il permettrait d’éviter aux couples à risque (mais sans antécédents familiaux) « d’avoir accès aux mêmes procédures dès le premier enfant, ou de se préparer à accueillir un premier enfant atteint d’une maladie génétique pédiatrique sévère et incurable ». À condition toutefois que ce DGP soit réalisé avec suffisamment d’informations données aux couples pour leur permettre un choix éclairé.
Notons que l’Académie de médecine évoque brièvement les considérations éthiques et religieuses, mais estime que le DGP « ne constitue pas une rupture avec ce qui est actuellement autorisé en termes de médecine reproductive ».
Source : Académie nationale de médecine.
