Nos maisons n’auraient jamais dû brûler, jamais

Le 8 juillet 2025, un incendie ravageur a touché l’Estaque et les Pennes-Mirabeau, dans les Bouches-du-Rhône. Un an après cette tragédie, les sinistrés témoignent de leur détresse et de leurs difficultés à se reconstruire.

À l’Estaque, Coralie fait visiter sa maison partiellement détruite. « Un an après, on a des étais, la maison a été étayée et le plancher remis de façon provisoire. Mais on a toujours cette magnifique trouée sur le ciel par laquelle on voit que le toit a complètement brûlé », explique-t-elle. La situation reste précaire pour de nombreux habitants. « On ne vit pas chez nous, on vit dans un endroit qui n’est pas notre endroit. On n’a pas vraiment nos affaires, c’est assez impersonnel », confie Coralie, évoquant les effets psychologiques de la catastrophe.

Les témoignages des sinistrés révèlent une réalité difficile. « Ce sont des moments de joie parce que tout d’un coup le dossier avance. Et puis une semaine après, on apprend que non, il manque encore une pièce. C’est épuisant nerveusement », poursuit-elle. Un urbaniste de la Ville de Marseille souligne : « La question n’est pas de savoir si ça va rebrûler, c’est de savoir quand. »

Montée Pichou, l’odeur de bois brûlé persiste. Viviane Caillot, habitante de longue date, rappelle les incendies passés. « Le feu de 2001 n’a pas servi. En 2001, c’était exactement le même scénario, mais aucune maison n’a brûlé. Pourquoi n’avons-nous pas eu les mêmes moyens cette fois-ci ? Plus de 90 maisons ont été touchées, et plus de 50 ont brûlé entièrement », dénonce-t-elle, appelant à des explications sur l’absence de pompiers lors de l’incendie.

Les sinistrés se battent pour trouver des coupables. « Nos maisons n’auraient jamais dû brûler, jamais », insiste Viviane. D’autres, comme Christian et Marie-Blanche, commencent à voir le bout du tunnel avec la reconstruction de leur charpente. Toutefois, les normes imposées par les services de l’urbanisme compliquent les choses. « Ce qui change, c’est le coût, qui n’est pris qu’en partie par les assurances », souligne Christian.

La vie dans le quartier ne sera plus jamais la même. Les traumatismes demeurent profonds et le sentiment d’abandon persiste. En décembre dernier, les sinistrés ont échangé avec les services de la préfecture, mais depuis, aucune nouvelle.

Source : France Télévisions

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