Liberia: des sénateurs dénoncent la gestion d’une enquête sur une vaste saisie de cocaïne

Liberia : Des sénateurs dénoncent la gestion d’une enquête sur une saisie de cocaïne

Au Liberia, des sénateurs exigent une enquête indépendante concernant les investigations liées à la saisie de 237 kg de cocaïne survenue le 7 juin dernier. Évaluée à 19 millions de dollars, cette cargaison a été découverte à l’aéroport international de Monrovia, dissimulée en tant que marchandise commerciale ordinaire destinée à l’exportation. Les élus interpellent les autorités sur les circonstances ayant permis à quatre suspects de quitter le pays avant leur arrestation.

L’affaire prend une tournure politique alors que plusieurs sénateurs demandent des explications sur la gestion de l’enquête. Ils soulèvent des questions sur la manière dont quatre suspects, dont Michael Browne, déjà connu des services judiciaires, ont pu quitter le pays. Browne, précédemment inculpé dans une affaire de cocaïne, avait été libéré en septembre 2024 pour raisons médicales. Les sénateurs ont découvert que, malgré des déclarations officielles affirmant son incarcération, il n’était plus en prison.

Edwin Melvin Snowe, l’un des sénateurs en faveur d’une enquête indépendante, a dénoncé des incohérences dans les communications des autorités. Il a déclaré que celles-ci avaient annoncé que plusieurs personnes étaient en détention sans en révéler les identités, mais n’ont finalement pu présenter qu’une seule personne, celle qui est revenue volontairement au Liberia.

Cette affaire met en lumière des failles dans la lutte contre le trafic de drogue, un enjeu prioritaire pour le président Joseph Boakai à son arrivée au pouvoir. Les sénateurs s’interrogent sur la manière dont cette cargaison a pu passer les contrôles de sécurité à l’aéroport. De plus, des membres du camp présidentiel commencent également à demander des comptes au gouvernement.

L’Afrique de l’Ouest est souvent considérée comme un relais pour le trafic international de cocaïne entre les pays producteurs d’Amérique latine et les marchés consommateurs en Europe, comme l’a noté l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC).

Source : RFI

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