Dites non à la destruction des espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts »
Le ministère de la Transition écologique a lancé une consultation publique sur les espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD), anciennement désignées comme nuisibles. Parmi ces espèces figurent le renard, la belette, la fouine, la martre, la corneille, le corbeau freux, la pie, le geai et l’étourneau. Ce projet prévoit leur destruction par tir et piégeage pendant trois ans, ainsi que le déterrage du renard, une méthode jugée particulièrement brutale.
Ces animaux sont souvent accusés de causer des dommages aux cultures et aux petits élevages. Dans les départements où ils sont classés ESOD, ils peuvent être abattus après la fermeture de la chasse et piégés toute l’année, sans limitation de nombre, même sans évaluation précise de leurs populations.
Cependant, le classement ESOD ne repose pas sur des preuves solides. Les déclarations de dégâts ne sont pas systématiquement vérifiées, et l’identification des espèces responsables est souvent difficile. De plus, la prédation naturelle des petits carnivores est considérée comme un « dégât » par certains chasseurs, qui les perçoivent comme des concurrents à éliminer. Il est également préoccupant qu’une espèce puisse être classée ESOD sans qu’aucun dégât ne soit constaté dans un département, simplement en raison de sa « susceptibilité » à en causer.
Bien que la loi impose des méthodes de prévention des dégâts, telles que la protection des élevages et l’effarouchement sonore, leur mise en œuvre reste rare.
Les bénéfices écologiques de ces espèces ne sont que très rarement pris en compte. Par exemple, le renard, qui contribue à contrôler les populations de rongeurs nuisibles pour l’agriculture, est classé ESOD sur presque tout le territoire français. Des études montrent que la destruction de millions d’animaux sauvages, dont un million de renards et trois millions de corvidés, n’a pas d’impact significatif sur les dommages économiques qui leur sont attribués, et représente un coût bien supérieur aux déclarations de dégâts.
Un cas particulièrement frappant est celui de la belette, un petit mustélidé de 20 cm et 100 grammes, qui est classée ESOD dans un unique département, celui du président de la Fédération Nationale des Chasseurs. Ce classement est critiqué pour son manque d’équivalence dans d’autres pays, où l’indemnisation remplace la destruction.
La consultation publique est ouverte jusqu’au 30 juillet 2026. Les citoyens sont encouragés à s’y exprimer et à personnaliser leurs commentaires pour éviter qu’ils ne soient écartés lors de la synthèse.
Pour participer à la consultation, il est recommandé de visiter la page dédiée sur le site du ministère et d’exposer ses arguments, notamment en faveur d’une protection accrue pour la belette et le putois, ainsi que l’interdiction du déterrage du renard.
Source : Ministère de la Transition écologique.
