Des jeunes de Pontoise dénoncent des amendes excessives et ciblées

À Pontoise, des jeunes expriment leur indignation face à une série d’amendes qu’ils jugent injustifiées, pouvant atteindre 3 000 à 4 000 euros. La mairie justifie ces verbalisations par des plaintes de riverains concernant des nuisances. Un rapport de Human Rights Watch met en lumière la stigmatisation des « jeunes racisés ».

Un jeune homme, contraventions en main, déclare : « Sans les majorations, je devrais être à 1 500 euros, presque 2 000, et avec les majorations, j’en suis à 3 à 4 000 euros. » De nombreux jeunes de Pontoise rapportent des amendes presque quotidiennement infligées par la police municipale. Beaucoup choisissent de ne pas payer, tandis que ceux qui ont un emploi voient une partie de leur salaire prélevée directement par le Trésor public.

Un autre jeune témoigne : « Je travaille à l’usine en intérim, ils me prennent 500 euros sur 1 500, il vous reste 1 000, ils vous prennent un tiers de votre salaire. Ce n’est pas rien. » Ayoub, un habitant de Pontoise, ajoute : « C’est pris par les jeunes comme une agression. Ils sont clairement ciblés. On veut invisibiliser les gens. »

La mairie de Pontoise conteste ces accusations. Selon elle, 90 % des interventions de la police municipale résultent d’appels d’habitants se plaignant de nuisances. François Daoust, adjoint au maire chargé de la prévention et de la sécurité, précise : « Ce n’est pas une réitération parce que c’est ciblé. C’est parce que la population qui vit là-bas a droit à sa tranquillité. »

La multiverbalisation est un phénomène de plus en plus documenté sur les réseaux sociaux. Un rapport de Human Rights Watch dénonce une stigmatisation des jeunes racisés, affirmant qu’ils sont souvent chassés de l’espace public. Aline Daillère, sociologue, souligne l’impact de ces amendes sur l’insertion professionnelle et la confiance envers les forces de l’ordre.

À Longjumeau, en Essonne, 19 jeunes ont engagé un recours collectif au tribunal d’Évry, obtenant l’annulation de plus de 100 000 euros d’amende, incitant d’autres à faire de même.

Source : Human Rights Watch, ICI Paris Île-de-France

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