En as-tu vraiment besoin (de sous-marins) ?
Quel revirement tout de même !
Il n’y a pas si longtemps, le Canada était considéré comme un cancre en matière de dépenses militaires. Aujourd’hui, le Premier ministre Mark Carney a annoncé un contrat historique pour l’approvisionnement militaire du pays : l’acquisition de jusqu’à 12 sous-marins auprès du consortium ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) pour un coût estimé à 24 milliards de dollars. En ajoutant les frais d’exploitation et d’entretien, le montant total pourrait atteindre environ 80 milliards de dollars.
Cette décision soulève une question cruciale : le Canada a-t-il réellement besoin de ces sous-marins ?
Contexte factuel
Le monde actuel est marqué par le retour des nationalismes des grandes puissances et une intensification des tensions internationales. Les États-Unis, autrefois considérés comme un allié fiable, sont désormais perçus comme incertains dans leur engagement. La pression exercée par des figures politiques comme Donald Trump pour augmenter les dépenses militaires ajoute une couche de complexité à la décision d’investir dans des sous-marins.
Données ou statistiques
Un contre-amiral à la retraite, Gilles Couturier, a expliqué que la présence de sous-marins adverses complique considérablement les opérations maritimes. Un sous-marin peut rester caché et frapper à un moment opportun, ce qui en fait un outil tactique redoutable. Gaëlle Rivard Piché, directrice générale de l’Institut de la Conférence des associations de la défense, souligne que ces sous-marins offrent une plateforme offensive, furtive et difficile à détecter.
Pour asr une bonne rotation des équipages et des plateformes, il est recommandé d’avoir un maximum d’un sous-marin déployé pour quatre en maintenance ou formation. Cela permettrait au Canada de déployer trois sous-marins simultanément, chacun protégeant un océan.
Conséquence directe
La nécessité de surveiller les eaux canadiennes est accentuée par les activités croissantes de la Chine dans l’Arctique et la présence sporadique de sous-marins russes. Sans une flotte moderne, le Canada pourrait se retrouver à la merci de développements stratégiques adverses dans sa propre zone maritime.
En conclusion, l’acquisition de ces sous-marins semble s’inscrire dans une logique de renforcement de la sécurité nationale, face à des défis géostratégiques de plus en plus pressants.
Source : La Presse
