Stigmatisation des femmes sans enfants en Afrique : un tabou mis en lumière
En Afrique, le harcèlement social et en ligne subi par les femmes sans enfants est un sujet de plus en plus discuté, notamment grâce aux témoignages de célébrités. Début juin, l’influenceuse guinéenne Mimiche Diabaté a révélé avoir été victime de cyberharcèlement depuis son mariage. Avant elle, la journaliste et animatrice ivoirienne Konnie Touré avait partagé une expérience similaire. Ces témoignages ont suscité une libération de la parole sur les réseaux sociaux, rappelant le mouvement Me Too.
Harcèlement social et familial
Mariame Tanou Diallo, âgée de 27 ans, fait partie des femmes qui choisissent de s’exprimer. Elle a connu deux relations sans enfants, accompagnées d’un harcèlement en ligne constant. Les commentaires sur son corps sont fréquents. « Quand je publie des photos, certaines personnes me demandent si je suis enceinte parce que j’ai pris du poids », explique-t-elle. Pour éviter ces remarques, elle a restreint ses publications à des statuts WhatsApp, où elle contrôle qui les voit.
Le harcèlement ne se limite pas aux réseaux sociaux. Mariame subit également des pressions familiales. « Souvent, ce sont des membres de ma famille qui me conseillent de consulter des guérisseurs », précise-t-elle. Ces recommandations l’affectent profondément, car elle souhaite avoir des enfants depuis son mariage.
Un tabou autour de l’infertilité masculine
Les femmes sont souvent perçues comme les seules responsables de l’infertilité d’un couple, ce qui entraîne leur stigmatisation et leur isolement. Kadiatou Konaté, féministe guinéenne, souligne que « c’est un sujet extrêmement tabou ». De nombreuses femmes vivent cette situation sans en parler, cherchant à résoudre le problème seules, ce qui peut entraîner des difficultés financières et sanitaires.
Conclusion
La stigmatisation des femmes sans enfants en Afrique met en lumière des enjeux sociaux et culturels profonds. Les témoignages récents de personnalités publiques ouvrent la voie à une prise de conscience nécessaire, mais il reste encore un long chemin à parcourir pour changer les mentalités et aborder l’infertilité de manière équitable.
Source : DW.com
