Logement social : tension entre Villeneuve-Loubet et l’État
La tension monte d’un cran entre la municipalité de Villeneuve-Loubet et la préfecture des Alpes-Maritimes. Au cœur de cette confrontation, des déclarations du maire Lionnel Luca, qui, lors du conseil municipal fin juin, a dénoncé la pression exercée par l’État sur le logement social ainsi que la redéfinition du domaine public maritime. L’élu a qualifié cette situation de « racket de l’État », affirmant que sa commune se voit contrainte de payer 500 000 euros de pénalités en raison d’une crise immobilière bloquant les constructions. Il a également dénoncé un « vichysme des services de l’État ».
En réponse à ces accusations, le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a publié un communiqué le 9 juillet 2026, qualifiant les propos de « inadmissibles ». Concernant le logement social, il a précisé qu’au 1er janvier 2022, il manquait 1 474 logements sociaux à Villeneuve-Loubet pour atteindre le taux légal de 25 %. Alors que l’État exigeait la construction de 487 logements de rattrapage entre 2023 et 2025, seulement 34 ont été agréés sur les 679 autorisations d’urbanisme délivrées par la commune, un bilan jugé « extrêmement faible ». Le préfet a également souligné que les sommes prélevées servent à soutenir les communes engagées dans la construction de logements sociaux, et non à alimenter le budget général de l’État.
Le préfet pointe « les contradictions » du maire
Laurent Hottiaux a également mis en avant « les contradictions » du maire concernant la gestion du littoral face à l’érosion. Il a noté que la commune avait refusé de rejoindre une liste de collectivités pouvant bénéficier d’outils d’adaptation et de financements de l’État via le Fonds Vert. De plus, il a révélé que le maire avait lui-même sollicité les services de l’État pour la fermeture des établissements de plage concernés, s’interrogeant sur son indignation actuelle.
Réponse de la mairie
En réaction à la réponse du préfet, Lionnel Luca a exprimé, dans un communiqué, son souhait que le préfet prenne davantage en compte la réalité du territoire. Il a également critiqué le manque d’intérêt du préfet pour une commune qui a accepté un centre éducatif fermé. L’élu a conclu en affirmant qu’il attendait mieux des services de l’État, les accusant d’abuser du préfet avec une réglementation contradictoire, insinuant ainsi que « l’État a toujours raison et que les élus du peuple ont toujours tort ».
Source : Nice-Matin
