Éducation. Concours enseignants 2026 : du mieux dans le recrutement des professeurs ?

Concours enseignants 2026 : du mieux dans le recrutement des professeurs ?

Enfin une éclaircie sur le front de l’Éducation. Alors que 2 610 postes étaient restés vacants à l’issue des concours de recrutement l’an dernier, la crise des vocations enseignantes semble commencer à s’atténuer, comme le montrent les résultats des concours dévoilés ce jeudi. En 2026, 24 000 candidats ont été admis aux concours enseignants contre 16 000 l’an dernier, soit une augmentation de 49,3 %. « Nous pourvoyons sensiblement mieux les postes que nous avons ouverts aux concours », s’est réjoui le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray.

Cette progression est attribuée à la réforme de la formation des enseignants mise en vigueur cette année, qui vise à élargir le vivier de candidats. Le concours a été avancé à la fin de la licence, alors qu’il n’était auparavant ouvert qu’aux personnes disposant d’un master (bac +5). Les lauréats recrutés à l’issue du concours en fin de L3 intégreront en septembre un Master enseignement et éducation (M2E), une formation professionnalisante de deux ans, rémunérée (1 400 euros net en première année, 1 800 euros net en M2). Cette année constitue toutefois une période de transition : les nouveaux concours à bac +3 ont coexisté avec les concours à bac +5. Ce double dispositif sera maintenu jusqu’en 2027, avant la disparition définitive du concours à bac +5 en 2028.

Concernant le premier degré (maternelle, élémentaire), 98,5 % des postes aux concours externes ont été pourvus, contre 92,1 % l’an dernier. La situation s’améliore même dans certaines académies qui peinaient à recruter ces dernières années. « C’est la première fois depuis très longtemps que le concours de recrutement des professeurs d’école de Créteil est pourvu à 100 %. Il en va de même pour celui de Mayotte », s’est félicité Édouard Geffray.

Dans le second degré (collèges et lycées), 96,1 % des postes sont pourvus cette année, contre 90,6 % en 2025. Certaines disciplines traditionnellement déficitaires enregistrent des progrès : les mathématiques passent de 74 % de postes pourvus l’an dernier à 93 % à la session 2026, la physique de 75 % à 98 %, et les lettres modernes de 87,7 % à 96,4 %. « Le recrutement en L3 avec une ouverture sur un master pendant que les étudiants sont rémunérés a un effet très net sur l’attractivité au concours », a analysé le ministre.

Cependant, les syndicats appellent à la prudence. « Il y avait deux concours cette année puisque l’on est dans une phase transitoire. Il est plus facile d’avoir davantage de candidats et d’admis quand il y a deux concours, plutôt qu’un », souligne Sophie Venétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. Matthieu Drouhin, secrétaire national du SE-Unsa, estime également qu’il est prématuré de crier victoire. « On pourra faire le bilan de la réforme de la formation des enseignants qu’en 2028, quand le concours après un master aura disparu », ajoute-t-il.

Il est à noter que dans le premier degré, tous les postes n’ont pas été pourvus, notamment à Versailles et en Guyane. Dans le second degré, certaines disciplines restent en difficulté, comme les lettres classiques (70 % de postes pourvus) et les concours de la voie professionnelle (CAPLP), avec un taux de couverture de 88,5 %. Pour Matthieu Drouhin, la réforme ne suffira pas à elle seule à relancer durablement les vocations. « Si on ne s’attaque pas à l’amélioration de la rémunération et des conditions de travail, on ne relancera pas durablement les vocations », conclut-il.

Source : DNA.

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