Algues vertes : la Cour des Comptes critique les carences de l’État
Les algues vertes sont déjà présentes sur le littoral breton, notamment dans la baie de Saint-Brieuc et à Douarnenez. Depuis la mi-juin, plusieurs centaines de tonnes d’algues ont été collectées sur ces plages avant la saison estivale. Cependant, les vasières, moins visibles, sont encore plus gravement affectées par ce phénomène.
Dans un rapport publié le 9 juillet, la Cour des comptes et la chambre régionale des comptes de Bretagne soulignent que des zones littorales comme la rade de Lorient, la baie de Morlaix et la Rance maritime, qui se composent de sédiments fins non sableux, échappent à des mes de lutte efficaces contre la prolifération des algues vertes. Cinq ans après une première évaluation déjà critique, le constat demeure sévère : peu de progrès a été réalisé pour endiguer ce phénomène.
Une prolifération qui s’aggrave dans les vasières
La situation est alarmante, car 84 % des surfaces touchées se trouvent désormais dans les vasières bretonnes, principalement dans le Morbihan. Le rapport indique que peu d’actions ont été mises en œuvre dans ces zones depuis les dernières recommandations de la Cour. L’État n’ayant pas défini de stratégie pour ces secteurs, la Cour appelle à une révision des schémas d’aménagement et de gestion des eaux, afin d’intégrer des objectifs de lutte contre l’eutrophisation et la prolifération des algues vertes.
Cette situation est largement attribuée à des concentrations excessives de nitrates dans les cours d’eau, dont plus de 90 % proviennent de l’activité agricole. Pour limiter la prolifération des algues vertes, il est impératif de réduire ces apports azotés. Actuellement, la concentration moyenne dans les huit baies concernées dépasse 33 mg/l, alors qu’il serait nécessaire de la ramener entre 10 et 25 mg/l.
Moyens en hausse, résultats en deçà
Le rapport de la Cour des comptes note également que, bien que les moyens financiers aient augmenté — passant de 56 millions d’euros en 2011 à 128,6 millions d’euros prévus jusqu’en 2027 — les résultats restent en deçà des objectifs. Les dépenses publiques consacrées à la prévention des fuites d’azote ont quasiment doublé en dix ans, mais les magistrats estiment que les efforts financiers n’ont pas produit les effets escomptés.
Ce constat critique souligne une fois de plus les carences de l’État dans la lutte contre les algues vertes. La Cour des comptes rappelle que l’État a été condamné à plusieurs reprises pour son inaction, notamment en mars 2025, suite à une plainte d’Eau et Rivières de Bretagne, qui a exigé des mes concrètes dans un délai de dix mois.
En conclusion, la lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne nécessite une action plus déterminée et une révision des politiques publiques, notamment en ce qui concerne l’agriculture intensive.
Source : Cour des comptes, 9 juillet 2026
