Le Haut Conseil pour le Climat met les politiques au pied du mur
Le Haut Conseil pour le Climat (HCC) a publié son dernier rapport annuel le 9 juillet, avertissant les responsables politiques que le danger climatique est imminent et qu’ils doivent assumer leurs responsabilités. Ce rapport intervient alors que la France fait face à une inflation des prix de l’énergie, à deux canicules successives, et se prépare à une troisième, tout en se dirigeant vers les élections de 2027.
Dix ans après l’accord de Paris, le réchauffement climatique a atteint +1,4 °C, avec une projection d’atteindre +1,5 °C dans un avenir proche. Les impacts sur la santé, les écosystèmes et l’économie deviennent de plus en plus préoccupants. En France, des températures dépassant 40 °C, autrefois rares, sont désormais enregistrées chaque année.
Le président du HCC, Jean-François Soussana, souligne que l’adaptation seule ne suffira pas. Il met en garde contre une multiplication des jours de canicule qui pourrait être multipliée par dix d’ici la fin du siècle si les émissions mondiales continuent d’augmenter. Le HCC insiste sur la nécessité d’atteindre la neutralité carbone au plus tôt, ce qui implique une sortie rapide des énergies fossiles.
La France dépend encore à 65 % des importations de combustibles fossiles, ce qui la rend vulnérable aux fluctuations des prix liés aux conflits internationaux. Bien que les prix élevés puissent favoriser l’adoption des énergies renouvelables, ils exacerbent également la précarité énergétique et l’endettement des ménages.
Le rapport met également en lumière le risque de créer de nouvelles dépendances en raison d’un recours non maîtrisé aux métaux et minéraux nécessaires à la transition énergétique. Le HCC préconise une économie circulaire pour renforcer l’autonomie stratégique de la France.
Par ailleurs, le HCC a formulé 82 recommandations à l’intention du gouvernement, appelant à des mes en faveur des ménages modestes et à la création d’un système agricole et alimentaire résilient. Il propose également l’adoption d’une loi de programmation de la transition écologique pour inscrire les moyens nécessaires aux objectifs climatiques.
Les investissements climatiques en France sont jugés insuffisants, ayant diminué en 2024 et stagné en 2025. Pour atteindre les objectifs fixés, ces investissements devront doubler d’ici 2030, tandis que les investissements liés aux énergies fossiles doivent être réduits de moitié.
Source : Haut Conseil pour le Climat.
