Sénégal : la filière rizicole appelle l’État à agir face à l’accumulation des stocks
Au Sénégal, la filière rizicole se trouve dans une situation critique. Près de 250 000 tonnes de riz produit localement sont actuellement stockées, faute d’acheteurs, alors que le marché est inondé par du riz importé à bas prix. Les opérateurs du secteur, confrontés à de graves difficultés économiques, demandent une intervention urgente de l’État, en ligne avec les ambitions du pays en matière de souveraineté alimentaire.
Dans la vallée du fleuve Sénégal, 37 000 tonnes de riz blanc sont immobilisées, tandis que l’Union des producteurs de la délégation de Dagana, dans le nord, rapporte 36 000 tonnes également en attente de vente. En tout, 49 000 hectares de riz ont été récoltés depuis le début de l’année, représentant environ 294 000 tonnes de riz brut non décortiqué. Les acteurs de la filière qualifient cette situation d’« inédite » et évoquent une « crise de commercialisation sans précédent ».
Marie Rassoul, secrétaire générale de l’Association nationale des riziers du Sénégal, souligne que « sans vente, pas de rentrée d’argent, pas de possibilité de rembourser la banque, ni de démarrer une nouvelle campagne de récolte ». Elle dénonce l’absence de régulation du marché et l’inefficacité des mes pour soutenir la production locale.
La filière déplore également que des accords signés avec les autorités ne soient pas respectés. Un accord de novembre dernier stipulait que 10 % des 100 000 tonnes de riz importées devaient provenir de la production locale, mais cela n’a pas été appliqué. De plus, une subvention de 50 francs CFA aux importateurs pour les inciter à acheter du riz local a également été ignorée.
Dans ce contexte, les acteurs de la filière dénoncent une contradiction alors que le gouvernement affirme vouloir faire de la souveraineté alimentaire une priorité. Ils ont récemment boycotté une réunion au ministère de l’Industrie et du Commerce, estimant que les engagements pris ne sont pas suffisants.
Source : RFI.
