Asie centrale : le Kirghizstan annonce un échange de territoires avec le Tadjikistan
Le Kirghizstan a annoncé, ce jeudi 27 février, un échange de territoires contestés avec le Tadjikistan, marquant une avancée significative dans la résolution de conflits frontaliers qui perdurent depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Cet échange survient trois mois après un accord historique visant à mettre fin aux tensions autour de la dernière frontière disputée d’Asie centrale.
Selon les informations fournies par le chef des services secrets kirghiz, le Kirghizstan obtiendra environ 25 kilomètres carrés de terres tadjikes, en échange de zones de taille équivalente ou d’un meilleur accès à des ressources hydriques partagées. Ces territoires sont souvent marqués par des enclaves où des conflits ont éclaté, notamment pour le contrôle de l’eau.
L’accord, qui doit encore être signé par les présidents kirghiz, Sadyr Japarov, et tadjik, Emomali Rakhmon, inclut également la déclaration de plusieurs routes controversées comme neutres, qui seront accessibles aux deux parties, ainsi que l’utilisation partagée de puits de pétrole, a précisé Kamtchybek Tachiev devant le Parlement kirghiz.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte d’amélioration des relations entre les cinq anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan), qui ont récemment annoncé divers accords de délimitation de leurs frontières pour faciliter les échanges commerciaux et asr la stabilité de cette région riche en ressources naturelles.
Le Tadjikistan et le Kirghizstan ont également convenu d’un accord concernant une zone autour d’un canal vital pour l’agriculture, dans des régions rurales où des routes entrelacées agissent comme des séparations officieuses, créant ainsi de nombreuses enclaves. Les autorités prévoient le déplacement de certains habitants des villages concernés par cet échange, dont certains seront détruits et reconstruits, a ajouté Kamtchybek Tachiev. L’accord vise également à garantir une utilisation sans entrave des infrastructures agricoles et énergétiques situées de part et d’autre de la frontière entre le sud du Kirghizstan et le nord du Tadjikistan.
(Source : La Croix)
