Fonction publique : le gouvernement maintient le gel du point d’indice, les syndicats claquent la porte

Fonction publique : le gouvernement maintient le gel du point d’indice, les syndicats claquent la porte

Réuni ce 8 juillet pour la première fois depuis deux ans, le rendez-vous salarial n’a pas convaincu les organisations syndicales représentatives de la fonction publique. Face à des mes ciblées sur les carrières mais sans revalorisation générale, elles ont quitté la réunion et relancent leur appel à la mobilisation du 29 septembre.

Après un premier échec en avril, les syndicats avaient quitté le tout premier groupe de travail sur les rémunérations quelques minutes après son ouverture. David Amiel a tenté de relancer le dialogue ce 8 juillet, après une longue interruption. “Je refuse que les fonctionnaires soient les boucs émissaires de nos difficultés de finances publiques”, avait-il assuré fin juin sur France Inter, tout en prévenant que les marges de manœuvre resteraient limitées.

Conséquence directe, il a exclu toute hausse uniforme du point d’indice, la revendication centrale des syndicats, jugée trop coûteuse (2,4 milliards d’euros par point). Il a également renoncé à toute nouvelle me catégorielle, qu’il considère responsable d’une fragmentation de la politique salariale.

Trois mes envisagées

En lieu et place, le ministre a présenté trois mes ciblées. D’une part, une réforme des règles de classement, qui améliore la reprise d’ancienneté à l’entrée dans un corps, y compris pour les agents venant du secteur privé, et qui bénéficierait à 30 000 agents de la fonction publique d’État par an. D’autre part, une hausse des taux de promotion pour les catégories B, C et les attachés. Enfin, un assouplissement des quotas de promotion interne est prévu. Un chantier pluriannuel d’injection de points d’indice sur les débuts de carrière sera également lancé, avec une concertation technique dès septembre.

Le calcul des bénéficiaires de l’indemnité différentielle en question

Après plus d’une heure trente d’échanges, les organisations syndicales ont choisi de ne pas poursuivre la réunion, jugeant que la réponse du ministre n’était pas à la hauteur de leurs attentes. Christian Grolier, secrétaire général de la FGF-FO, a souligné un point de rupture après l’annonce d’une réflexion sur l’indemnité différentielle, qui pourrait restreindre son bénéfice à 862 000 agents, à la suite de la revalorisation du Smic.

“Des mes venteuses”

Les syndicats ont qualifié les mes présentées par le ministre de “venteuses”. Pascal Kessler, secrétaire général de la FA-FP, a déclaré que les années 2026 et 2027 seraient des années blanches. L’Unsa a également réclamé une revalorisation générale et immédiate de la valeur du point d’indice, indexée sur l’inflation, soulignant un décrochage cumulé de 15% sur dix ans.

Une séquence déjà très tendue entre les syndicats et le gouvernement

Ce rendez-vous salarial, très attendu par les syndicats, est perçu comme un nouvel acte manqué dans un contexte déjà tendu. La veille, les organisations syndicales avaient rejeté une nouvelle fois le projet de texte sur les arrêts maladie au Conseil commun de la fonction publique. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé un vote prévu non plus avant fin 2026, mais d’ici la présidentielle de 2027.

La mobilisation du 29 septembre est déjà relancée par les syndicats. Toutes les organisations ont confirmé leur participation, certaines devant encore consulter leurs instances pour envisager des actions supplémentaires.

Source : La Gazette des communes

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