La Fonderie de Bretagne placée en redressement judiciaire
Vendredi 3 juillet, le tribunal de commerce de Lorient a décidé de placer la Fonderie de Bretagne en redressement judiciaire. Cette décision marque une nouvelle étape dans l’histoire tumultueuse de l’usine située à Caudan, dans le Morbihan, qui a initialement été spécialisée dans la production de pièces en fonte brute pour l’industrie automobile. Fondée en 1966 par la régie Renault, la société a compté jusqu’à 1 600 salariés dans les années 1980.
Après une période de dix ans sous la direction de deux industriels italiens, qui n’ont pas réussi à redresser la situation, la fonderie est revenue dans le giron de Renault en 2009. Cependant, les commandes de la maison mère ont progressivement diminué, conduisant la Fonderie à être placée en redressement judiciaire en janvier 2025. Elle a été reprise en mai de la même année par Europlasma, un groupe spécialisé dans le traitement de déchets dangereux.
Europlasma a annoncé son intention de diversifier les activités de la fonderie vers la fabrication de corps d’obus, profitant des tendances de réarmement en Europe. Toutefois, les promesses de ce projet n’ont pas été tenues : aucun plan de charge n’a été établi, les investissements ont tardé à se concrétiser et les commandes se sont révélées absentes. En octobre, le directeur de l’usine a été révoqué après avoir exprimé les inquiétudes des employés, entraînant une alerte économique de la part des syndicats.
Le 20 janvier 2026, un incendie a mis la production à l’arrêt, et la reprise n’a jamais eu lieu. En avril, Europlasma a surpris en annonçant être en pourparlers pour céder ses activités de défense, y compris la Fonderie de Bretagne. Fin juin, le groupe a demandé le redressement judiciaire, invoquant des difficultés de redémarrage après l’incendie.
Le manque de crédibilité d’Europlasma est souligné par plusieurs experts et députés, qui craignent que le groupe ne cherche qu’à profiter des opportunités financières sans véritable volonté de développer un projet industriel solide. La commission d’enquête parlementaire a également examiné le mode de financement d’Europlasma, qui a eu recours à des mécanismes controversés.
Pour la Fonderie de Bretagne et ses 245 salariés, l’avenir reste incertain. Le tribunal de commerce a accordé un délai jusqu’au 17 juillet pour trouver 3 millions d’euros, afin de permettre la recherche d’un repreneur plus solide. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, s’est engagé à explorer des solutions pour l’avenir de l’entreprise.
Source : Article de presse
