Réseaux de gaz : à quelle évolution des tarifs faut-il s’attendre à l’avenir ?
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a récemment publié son deuxième rapport prospectif sur l’avenir des infrastructures gazières à l’horizon 2050, se concentrant sur l’impact de ces évolutions sur le financement des réseaux et sur les tarifs du gaz.
Les réseaux de gaz doivent faire face à une diminution progressive de la consommation, accentuée par l’objectif de réduire de moitié le volume de gaz consommé d’ici 2050, comme l’indique la Stratégie nationale bas carbone 3. Cette stratégie vise également à éliminer l’utilisation des gaz fossiles, en les remplaçant par des gaz renouvelables.
Pour accompagner cette transition, la CRE a élaboré trois scénarios prospectifs : le premier, développé par les gestionnaires de réseaux de gaz, et les deux autres, S3 « technologies vertes » et S1 « génération frugale », proposés par l’Ademe. Ces scénarios, datant de 2022, ont conduit à une première étude publiée en 2023, qui conclut que la majorité des infrastructures gazières demeurera essentielle au fonctionnement du système d’ici 2050, notamment en ce qui concerne les réseaux de transport.
Le rapport du 1er juillet précise également le coût des infrastructures nécessaires à cet horizon, tout en analysant l’évolution des tarifs d’utilisation. La CRE note que, d’ici 2050, les charges relatives aux infrastructures gazières diminueront moins rapidement que la consommation et le nombre de clients dans tous les scénarios envisagés.
Les charges considérées incluent les charges nettes d’exploitation, les investissements, les coûts de démantèlement éventuels, et les coûts échoués potentiels. Malgré une baisse significative de la consommation et du nombre d’utilisateurs, le coût total des infrastructures devrait rester relativement contenu, avec une diminution estimée entre 11 et 17 %.
Pour les consommateurs restants, le tarif moyen du réseau devrait évoluer de manière modérée, avec une augmentation annuelle prévue entre +0,2 % et +1,4 % hors inflation jusqu’en 2050 dans les scénarios modérés. Dans le scénario de décroissance la plus forte, l’impact sur le tarif pourrait atteindre +3,5 % par an. La CRE précise qu’il ne s’agit pas d’une prévision, mais d’une étude prospective.
La CRE a également souligné l’importance de la collaboration avec les parties prenantes pour identifier des mes permettant de maintenir des tarifs de gaz soutenables. Cela inclut une répartition équilibrée des charges entre consommateurs actuels et futurs, ainsi que des évolutions du cadre tarifaire pour anticiper certaines dépenses.
Enfin, la CRE a recommandé de renforcer la planification multi-énergies pour optimiser la décroissance prévue du gaz et l’évolution du mix énergétique sur chaque territoire. Les critères pour décider de l’avenir des réseaux de gaz incluent l’existence d’usages durables, la disponibilité d’énergies de substitution, et la rentabilité des réseaux locaux.
Source : Commission de régulation de l’énergie (CRE)
