Décès de Renée-Louise Marcos, rescapée d’Auschwitz, à l’âge de 100 ans
Les yeux de Renée-Louise Marcos se sont fermés pour la dernière fois ce mardi 7 juillet, emportant avec elle le poids d’une mémoire tragique. Survivante des camps de la mort, cette Marseillaise, qui avait célébré son centenaire le 14 janvier dernier, repose désormais au cimetière des Trois-Lucs (12e arrondissement de Marseille).
Son témoignage et son engagement pour transmettre la mémoire de la Shoah ont marqué des générations de Marseillais. Le maire de Marseille, Benoît Payan, a souligné sur X que « le témoignage de Renée Marcos continuera d’éclairer les consciences et de nous rappeler où peuvent conduire l’antisémitisme, le racisme et l’indifférence ». Martine Vassal, présidente du Département, a également exprimé sa profonde émotion face à cette disparition.
Originaire de Thessalonique en Grèce, la famille juive de Renée-Louise a été dénoncée en 1944. Pour protéger ses proches, elle a affirmé à la Gestapo qu’elle était fille unique, malgré la présence de deux frères et deux sœurs. Après un passage par la prison des Baumettes, elle a été déportée à Auschwitz, où elle a perdu sa tante et sa cousine. Elle a survécu aux atrocités du camp avant d’être libérée en 1945, pesant seulement 35 kg.
À son retour à Marseille, Renée-Louise a reconstruit sa vie, se mariant en 1946 et fondant une famille. Ce n’est qu’à partir de 1969 qu’elle a commencé à partager son expérience. Avec d’autres rescapés, elle a cofondé l’Amicale des déportés de Marseille en 1985.
Son fils, Joseph, a repris le flambeau, transmettant son histoire dans les écoles. Pour honorer sa mémoire, lui et ses fils prévoient de se faire tatouer son matricule, A-5503, sur le bras gauche.
Source : La Provence