Accord commercial Etats-Unis - Canada

Accord Commercial États-Unis – Canada : Une Réunion en Visio pour un Avenir Incertain

Le 1er juillet, une réunion en visioconférence a marqué le sixième anniversaire de l’Aceum, anciennement connu sous le nom d’Alena. À cette occasion, l’accord, jadis qualifié par Donald Trump de « plus juste et bénéfique » jamais conclu par les États-Unis, a été remis en question par son propre architecte. Trois semaines avant cette réunion, Trump avait affirmé : « Nous n’avons besoin de rien de ce que possèdent le Canada et le Mexique, mais ils ont besoin de tout ce que nous avons. »

Cette déclaration suscite des interrogations sur la manière dont les États-Unis traitent leurs principaux partenaires commerciaux. Les économies des trois pays sont profondément interconnectées, englobant des secteurs variés allant de l’automobile à l’agriculture. Arturo Sarukhan, ancien ambassadeur mexicain à Washington, a exprimé son inquiétude sur les conséquences de cette incertitude pour la sécurité économique et la compétitivité de l’Amérique du Nord.

En l’absence de compromis, le traité doit expirer le 1er juillet 2036, avec des réexamens annuels prévus. Chaque partie peut se retirer avec un préavis de six mois. Marcos Carias, économiste chez Coface, souligne que Washington pourrait activer la clause d’annulation pour exercer une pression maximale sur ses partenaires, les incitant à limiter les investissements chinois et à durcir les règles d’origine d’importation. Cependant, cette stratégie se heurte à la volonté du Canada de diversifier ses marchés d’exportation, notamment avec la Chine, et à la dépendance du Mexique vis-à-vis des importations d’intrants chinois.

La question se pose alors : la Chine pourrait-elle tirer profit de cette situation ? Madeline Chalecki, directrice adjointe à l’Atlantic Council, avertit que l’absence d’une position unie entre les États-Unis, le Canada et le Mexique pourrait permettre à la Chine de réorienter ses exportations et de contourner les règles d’origine. Ottawa a déjà annoncé un accord avec Pékin, abaissant les droits de douane pour les véhicules électriques chinois, en échange d’une réduction des taxes sur le canola canadien.

Le mépris apparent des États-Unis pour ses partenaires commerciaux rappelle des parallèles historiques. James Bachus, chercheur associé au Cato Institute, évoque l’Empire britannique du XVIIIe siècle, dont la tentative d’ouvrir la Chine au commerce a été rejetée par l’empereur Qianlong, entraînant deux siècles de stagnation économique pour la Grande-Bretagne.

Cette situation soulève des questions cruciales sur l’avenir des relations commerciales en Amérique du Nord et sur le rôle croissant de la Chine sur la scène mondiale.

Source : L’Express

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