Québec | Petites montagnes, grandes aventures

Québec : Petites montagnes, grandes aventures

Le Québec, c’est bien joli, mais on n’y trouve pas de grandes montagnes. Le plus haut sommet, le mont d’Iberville, au Nunavik, a une altitude de 1652 mètres. Cela ne fait pas le poids face au mont Washington, au New Hampshire, qui culmine à 1916,6 mètres.

« Oui, on a de petites montagnes, reconnaît Grégory Flayol, directeur général adjoint de Rando Québec. Par contre, le niveau d’engagement pour atteindre certaines d’entre elles, le niveau d’isolement, cela fait de ce territoire quelque chose de très intéressant pour ceux qui veulent partir à l’aventure. »

Les montagnes de la province sont relativement petites en raison de l’érosion et des glaciations. « C’est un principe général en termes de chaînes de montagnes », rappelle Frédéric Bouchard, professeur au département de géomatique appliquée à l’Université de Sherbrooke. « Plus elles sont vieilles, plus elles ont été érodées. Ça n’enlève rien à leur intérêt géologique, mais ça fait moins de relief. »

Le Québec peut être divisé en trois grandes unités géologiques : le Bouclier canadien, les Appalaches et la plateforme du Saint-Laurent. Le Bouclier canadien, d’âge précambrien, couvre la rive nord du Saint-Laurent, incluant les Laurentides, le Saguenay, la Côte-Nord, l’Abitibi et le Nunavik. Dans ces régions, on trouve des roches de plus de 2,5 milliards d’années, parmi les plus anciennes au monde. La bande correspondant aux Laurentides est une ancienne chaîne de montagnes, connue sous le nom de Grenville.

« Il y a un milliard d’années, la chaîne du Grenville était plus haute que l’Everest », affirme M. Bouchard. Aujourd’hui, le plus haut sommet des Laurentides, le mont Raoul-Blanchard, atteint 1166 mètres.

Ironiquement, les plus hautes montagnes du Québec, y compris le mont d’Iberville, se trouvent au nord du Bouclier canadien, à la frontière entre le Québec et le Labrador, dans les monts Torngat. « Il y a fort à parier que l’érosion glaciaire a été maximale dans le centre du continent plutôt que sur les bords », avance Frédéric Bouchard.

La chaîne des Appalaches, plus jeune que le Bouclier canadien, traverse l’Estrie, la Beauce, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Bien que plus jeunes, ces montagnes ont également été « comprimées, bulldozées, basculées, plissées et chauffées au fil des millions d’années », selon M. Bouchard.

Deux régions du Québec présentent des sommets plus impressionnants : la Gaspésie, avec le mont Jacques-Cartier (1276 mètres) et le mont Richardson (environ 1187 mètres), ainsi que l’Estrie, avec le mont Gosford (près de 1187 mètres) et le mont Mégantic (1110 mètres).

La plateforme du Saint-Laurent, en revanche, offre peu d’intérêt pour les randonneurs en quête de hauteurs. « C’est tout ce qui entoure le fleuve, quand on le remonte à partir de Québec. Ce sont des roches sédimentaires horizontales, c’est plat, ce n’est donc pas ça qui marque les esprits en termes de relief », explique M. Bouchard.

Il existe diverses listes des sommets du Québec, mais l’altitude de ces sommets peut varier de quelques mètres selon les sources. « On n’a pas une donnée très précise et facilement identifiable de la hauteur de nos sommets, s’étonne Grégory Flayol. Ça montre qu’on a encore un territoire clairement inexploré. »

Le mont d’Iberville est accessible aux randonneurs, mais nécessite un investissement financier considérable. Il faut voler jusqu’à Kangiqsualujjuaq, puis prendre un vol nolisé jusqu’au bord de la rivière Koroc, et enfin effectuer un trek de plusieurs jours en autonomie. « Ce n’est plus une randonnée, c’est une expédition », souligne M. Flayol.

Les randonneurs moins aguerris peuvent se tourner vers les montagnes situées dans le parc de la Gaspésie, comme les monts Jacques-Cartier, Richardson, Albert, Logan et Xalibu. Le mont Gosford et le mont Mégantic, en Estrie, sont également de belles destinations, avec des sentiers bien tracés.

Cependant, l’ascension du mont Raoul-Blanchard, au nord de Québec, est impossible, car il est situé sur un domaine privé. « Pour les amoureux des sommets au Québec, autant de proximité et pas d’accessibilité, c’est un peu dommage », déplore M. Flayol.

Le site peakbagger.com recense près de 300 sommets de plus de 1000 mètres au Québec, la plupart étant peu connus, certains n’ayant même pas de nom. « Il y a vraiment de la place pour l’aventure », conclut Grégory Flayol.

Source : Rando Québec, Université de Sherbrooke.

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