La droite instrumentalise George Sand pour relativiser la canicule
Une citation de George Sand, tirée de son Journal d’un voyageur pendant la guerre, décrit une vague de chaleur en 1870 : « Un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 °C. ». Cette citation est reprise par plusieurs figures de la droite, notamment de l’extrême droite, pour relativiser l’impact du changement climatique alors qu’une nouvelle canicule frappe la France.
George Sand, connue pour son engagement en faveur de la nature, avait notamment lutté en 1872 contre la destruction d’une partie de la forêt de Fontainebleau. Pourtant, des médias tels que Le Berry républicain et Le Figaro ont utilisé son témoignage pour affirmer que les épisodes de chaleur extrême ne sont pas nouveaux, sans mettre en perspective la gravité actuelle du phénomène climatique.
Le sénateur Laurent Duplomb, lors des débats sur un projet de loi d’urgence agricole, a cité Sand pour soutenir que le changement climatique pourrait être bénéfique pour sa région. Cette interprétation est contestée par des climatologues, qui soulignent que l’été 2026 a connu des températures nettement plus élevées que celles mentionnées par Sand en 1870.
D’après les archives météorologiques et les analyses de Valérie Masson-Delmotte, climatologue, les températures de l’été 2026 dépassent celles de 1870 de 3,8 à 6,3 °C. En 2026, des nuits tropicales ont été enregistrées, ce qui n’était pas le cas en 1870. Les observations montrent également que la canicule actuelle est plus fréquente, intense et prolongée.
La reprise de cette citation par des responsables politiques semble s’inscrire dans une stratégie de désinformation, visant à minimiser la gravité du réchauffement climatique. Valérie Masson-Delmotte avertit que de telles interprétations ne permettent pas de construire des réponses adaptées aux enjeux climatiques actuels, notamment pour protéger les populations vulnérables.
En somme, l’instrumentalisation de George Sand par certains membres de la droite pose la question de la responsabilité politique face aux défis environnementaux contemporains.
Source : Reporterre
