Marine Le Pen : « Aujourd’hui je suis éligible »
Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement National (RN), a affirmé sa détermination à se présenter à l’élection présidentielle de 2027 lors d’un déplacement dans la Sarthe. Elle a déclaré : « Je suis éligible. Je suis une citoyenne qui use de ses droits », tout en précisant qu’elle ne « joue pas la montre » avec son pourvoi en cassation.
Cette annonce survient après sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics, une situation qui a suscité de vives réactions. Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle, a accusé Le Pen de faire « pression sur la Cour de cassation » pour éviter une décision avant l’élection, qualifiant sa stratégie de « guérilla judiciaire ». Il a également noté des similitudes avec la rhétorique de Donald Trump, évoquant une « responsable politique condamnée deux fois » qui cherche à se présenter.
Le RN a revendiqué plus de 30 000 soutiens à la candidature de Le Pen, mettant en avant une mobilisation croissante sur sa plateforme. Jordan Bardella, président du RN, a exprimé sa satisfaction que Le Pen puisse « porter nos couleurs » et a promis une collaboration étroite entre les deux leaders.
Malgré sa condamnation, Le Pen a annoncé qu’elle débutera sa campagne « sans bracelet électronique », la procureure générale ayant précisé que son pourvoi suspendait l’exécution de la peine. Cependant, l’incertitude demeure quant à l’issue de son appel, qui pourrait avoir des répercussions sur sa candidature.
L’ensemble de la classe politique, à l’exception du RN, a critiqué cette décision. Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a remis en question la crédibilité de Le Pen, soulignant qu’elle « dit les choses et fait l’inverse ». D’autres, comme Othman Nasrou des Républicains, ont accusé Le Pen de « prendre la démocratie en otage ».
Le contexte est marqué par une audience record pour l’interview de Le Pen sur TF1, qui a attiré jusqu’à 7,3 millions de téléspectateurs, témoignant d’un intérêt soutenu pour son parcours politique.
Cette situation soulève des questions sur l’avenir du RN et de sa candidate, alors que les enjeux de l’élection présidentielle de 2027 se précisent.
Source : La Dépêche
