Le Cameroun relance l’inventaire de son patrimoine forestier
Le Cameroun a décidé de procéder à un nouvel inventaire de son patrimoine forestier, près de vingt ans après la dernière opération. Cette initiative vise à obtenir des données précises sur les ressources en bois, tant en termes de quantité que d’essences, ainsi qu’à actualiser les informations concernant la faune et la biodiversité du pays. L’inventaire permettra également d’évaluer la capacité des forêts à stocker du carbone, un élément crucial dans le cadre des négociations avec les bailleurs de fonds internationaux.
Le Cameroun, qui abrite le deuxième massif forestier le plus important du Bassin du Congo après la République Démocratique du Congo, possède un capital naturel que le gouvernement souhaite exploiter de manière durable. Georges Mouncharou, directeur de la coopération et de la programmation au ministère camerounais de la Forêt et de la Faune, souligne l’importance de maîtriser ces ressources pour mener à bien des négociations efficaces. Actuellement, la superficie forestière du Cameroun est estimée à environ 22,5 millions d’hectares, mais les données officielles n’ont pas été mises à jour depuis deux décennies.
Estelle Ewoulé Lobé, militante engagée contre l’exploitation illégale du bois, insiste sur le fait que cet inventaire est également une question de gouvernance. Selon elle, un gouvernement qui ne connaît pas son territoire et ses ressources naturelles ouvre la voie à la criminalité forestière transfrontalière.
L’inventaire devrait s’étendre sur une durée minimale de deux ans. Le ministère de la Forêt et de la Faune travaille actuellement à définir la méthodologie nécessaire, notamment en ce qui concerne les outils et les ressources humaines et financières à mobiliser. L’objectif est de solliciter l’appui de partenaires pour mener à bien cette opération.
Source : RFI
