Le Sénat malmène la presse indépendante et oublie Vincent Bolloré
Date : 27 mai 2026
Durée de lecture : 7 minutes
Le 20 mai, le média indépendant Reporterre a été auditionné par le Sénat dans le cadre d’une mission d’information sur la régulation des médias d’information en ligne. Cette convocation, reçue deux mois plus tôt, a suscité des interrogations, notamment en raison de son intitulé : « Les zones grises de l’information : comment réguler les médias d’information en ligne ». Les rapporteurs incluent Agnès Evren, proche de Rachida Dati et signataire de la proposition de loi Duplomb, ce qui accentue la méfiance.
Du 11 mars au 28 mai, le Sénat a auditionné divers acteurs, dont TikTok, l’Arcom (le régulateur de l’audiovisuel) et plusieurs médias indépendants, tels que Disclose, Streetpress, Mediapart, Blast, Basta! et Reporterre. Cette mission vise à encadrer les réseaux sociaux et à examiner les algorithmes qui régissent leur fonctionnement, mais soulève des questions sur la focalisation sur les médias indépendants alors que de grands groupes industriels, souvent non spécialisés dans la presse, multiplient les rachats.
Dans un contexte où une poignée de milliardaires détient plus de 80 % des titres de presse et plus de la moitié de l’audience télévisuelle, la question se pose : pourquoi cette attention particulière sur les médias indépendants ? Par ailleurs, des statistiques révèlent qu’en 2025, CNews a enregistré un cas de désinformation toutes les trente-cinq minutes concernant le climat.
Au cours de cette audition, les sénateurs ont abordé les « risques et menaces qui pèsent sur l’espace informationnel français » sans mentionner des figures clés comme Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou Rodolphe Saadé, ni se pencher sur la concentration des médias et l’indépendance des rédactions. Ils se sont concentrés sur les médias indépendants, qui, malgré des attaques informatiques et des intimidations, continuent de défendre une information libre et de qualité.
Les sénateurs ont également agi comme garants du consensus scientifique, bien que le Sénat ait été le berceau de la loi Duplomb, souvent critiquée pour son lien avec le lobbying et la désinformation. Des inquiétudes ont été exprimées quant à la transformation du Sénat en un « haut lieu de la désinformation climatique », une préoccupation partagée par des climatologues et des associations engagées.
Reporterre, qui fonctionne sans publicité et est financé à 95 % par les dons de ses lecteurs, souligne l’importance de l’intégrité journalistique et de la transparence dans ses opérations.
Source : Reporterre
