Sainte-Soline : Une logique de confrontation des autorités entraîne un lourd bilan humain
La Défenseure des droits, Claire Hédon, a dénoncé une « logique de confrontation » adoptée par les autorités, qui a conduit à un « lourd bilan humain » lors de la manifestation interdite contre les mégabassines à Sainte-Soline, le 25 mars 2023. Cette déclaration a été rendue publique mercredi.
Hédon a mis en lumière des « manquements déontologiques » de la part des gendarmes, notamment des « tirs tendus » de grenades de gaz lacrymogène et des commentaires jugés « orduriers » à l’encontre des manifestants. Elle a également souligné des « carences » dans l’enquête administrative menée par l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).
La Défenseure a saisi le ministère de l’Intérieur pour demander des sanctions disciplinaires à l’encontre des gendarmes identifiés dans son enquête, y compris des gradés. Elle a précisé que, bien que les circonstances justifiaient un emploi de la force en raison de l’interdiction de la manifestation et des violences de certains manifestants, la réponse des autorités a été disproportionnée.
Hédon a noté que « la quantité et la gravité des bless constatées » ainsi que « le nombre d’armes utilisées dans un laps de temps très court » indiquent que les autorités ont adopté une approche qui a conduit à des bless graves tant parmi les manifestants que parmi les gendarmes. Elle a conclu que l’objectif affiché de garantir la sécurité des personnes n’a pas été atteint.
Son enquête a révélé que, sur les 84 heures de vidéos examinées, de nombreux tirs tendus ont été effectués, ce qui a entraîné des bless « très graves » parmi les manifestants. Les ordres de tirs tendus ont été donnés de manière « massive », contrairement à l’affirmation de l’IGGN selon laquelle cela se produisait de façon exceptionnelle.
Environ 5 000 tirs de grenades ont été enregistrés durant les affrontements, qui ont opposé plusieurs milliers de manifestants à des gendarmes, marqués par des jets de pierres et des cocktails Molotov. Les manifestants ont signalé 200 blessés, dont 40 graves, tandis que les gendarmes ont dénombré 47 blessés. La Défenseure des droits s’est auto-saisie dès le 30 mars 2023 sur le cas de deux manifestants gravement blessés.
Source : L’Alsace
