Lâcher prise : le design éthique au service de la déconnexion
La déconnexion, un enjeu de plus en plus crucial dans le monde professionnel moderne, est désormais reconnue comme un droit fondamental pour les salariés. Ce concept, qui vise à permettre aux individus de se distancier des technologies de l’information et de communication, est ancré dans le Code du travail français depuis la loi « El Khomri » de 2016. L’article L. 2242-17 stipule que les employés ont le droit de ne pas répondre aux courriels, appels ou messages en dehors des heures de travail.
La nécessité de ce droit résulte d’une tension entre le besoin de recul et l’angoisse de la marginalisation numérique. Selon F. Jauréguiberry, dans son rapport de recherche de 2014, cette déconnexion est révélatrice de la figure de l’homme hypermoderne, qui questionne ses choix dans un contexte de réflexivité accrue. Ainsi, la déconnexion ne saurait reposer uniquement sur la volonté des salariés ; un encadrement juridique est essentiel pour sanctuariser les temps de repos.
L’idée d’un droit à la déconnexion a été évoquée pour la première fois dans un rapport de 2011 sur la révolution numérique et les droits de l’individu. Cependant, il a fallu plusieurs années pour que cette notion soit intégrée dans le cadre légal français. Cette avancée législative vise à réguler le lien de subordination entre employeurs et employés, protégeant ainsi les temps de repos des salariés.
En parallèle, des études récentes montrent que près de 60 % des travailleurs français ressentent une pression pour rester connectés en dehors de leurs heures de travail, illustrant l’importance de cette législation.
Cette évolution vers un design éthique au service de la déconnexion souligne l’importance d’un équilibre entre vie professionnelle et personnelle, tout en répondant aux défis de l’ère numérique.
Source : F. Jauréguiberry, Déconnexion volontaire aux technologies de l’information et de la télécommunication, Rapport de recherche, Agence nationale de la recherche, 2014.
