SpaceX lance le premier satellite commercial à énergie nucléaire
Le satellite BOHR (Betavoltaic Orbital High-Reliability) a été lancé avec succès le mardi 7 juillet à 7h10 UTC depuis la base spatiale de Vandenberg, en Californie. Construit par City Labs, une entreprise fondée en 2005 à Miami, BOHR faisait partie des 81 charges utiles de la mission de covoiturage Transporter-17 de SpaceX. Le booster Falcon 9, réalisant son onzième vol, a atterri sans incident après avoir libéré le satellite.
Contexte technique
Le satellite BOHR intègre une source d’énergie appelée NanoTritium. Cette technologie repose sur la conversion bêtavoltaïque : le tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène provenant des réacteurs nucléaires de type CANDU, émet des électrons (particules bêta) lors de sa désintégration. Un semi-conducteur dans le satellite convertit ces électrons directement en courant électrique.
Le système de conversion fonctionne sans réaction chimique, sans pièces mobiles et sans liquide, et il est opérationnel dans une large plage de températures allant de -55 °C à +150 °C. Avec une demi-vie de 12,3 ans, la batterie pourrait théoriquement fonctionner plus de 20 ans sans maintenance ni recharge.
Réglementation et implications
Le lancement de BOHR est également significatif sur le plan réglementaire, étant le premier engin spatial nucléaire à avoir reçu une autorisation commerciale de la Federal Aviation Administration (FAA) dans le cadre du mémorandum NSPM-20, signé en 2019. City Labs a soumis un dossier de sécurité conforme au 14 CFR §450.43, permettant un lancement contenant jusqu’à 10 000 curies de tritium.
Conclusion
Cette mission représente une avancée notable pour l’énergie nucléaire dans l’espace, ouvrant la voie à des systèmes énergétiques sûrs et compacts pour des applications futures, notamment dans des régions où l’énergie solaire est limitée, comme le pôle sud lunaire.
Source : City Labs, SpaceX
