Bienvenue dans “la fabrique à poudre”, d’où sortent les cosmétiques solides
Au cœur d’une usine de production à Saint-Étienne, une nouvelle tendance émerge dans le secteur des cosmétiques. La Fabrique à Poudre, inaugurée en novembre dernier, se spécialise dans la production de produits de beauté, d’hygiène et d’entretien sous forme de poudre compactée. Ces innovations, qui incluent des dentifrices solides et des gels douches, visent à réduire l’utilisation de l’eau et des emballages plastiques.
Dans cet espace de 330 m², Mickaël Urrea, 28 ans, supervise la fabrication. Des machines sophistiquées, empruntées à l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire, produisent des milliers de pastilles et de bâtonnets par heure. L’usine se distingue par son unique robinet, utilisé uniquement pour le nettoyage, soulignant ainsi l’absence d’eau dans le processus de production des produits finis.
Les produits solides, qui nécessitent une réhydratation par l’utilisateur, permettent des économies d’eau significatives. Selon Urrea, un gel douche liquide de 200 ml consomme quatre fois plus d’eau lors de sa fabrication qu’un bâtonnet réhydraté. Ce modèle de production répond à une demande croissante pour des solutions plus écologiques dans le cadre de la loi anti-gaspillage promulguée en 2020, qui vise à éliminer les emballages en plastique jetable d’ici 2040.
Les données fournies par la start-up 900.care, l’un des principaux clients de La Fabrique à Poudre, indiquent des économies de 4 millions de déchets plastiques et 1 500 tonnes de CO₂ depuis leur lancement. Cette approche innovante s’inscrit dans un mouvement plus large vers une économie circulaire, où l’accent est mis sur la durabilité et la réduction des déchets.
Face à ces changements, des marques comme 900.care ont réussi à attirer des investisseurs, levant 21 millions d’euros pour leur expansion en Europe. Toutefois, le marché des cosmétiques solides fait face à des défis, notamment la fidélisation des consommateurs, avec des marques de grande distribution qui reviennent sur leurs offres.
La Fabrique à Poudre représente ainsi une réponse à la fois aux préoccupations environnementales et aux attentes des consommateurs en matière de praticité et de coût, tout en s’inscrivant dans une dynamique de changement au sein de l’industrie cosmétique.
Source : Nouvel Observateur