Ellsworth Kelly à la Fondation Maeght : une exposition lumineuse où l'abstraction coule de source

Ellsworth Kelly à la Fondation Maeght : une exposition lumineuse sur l’eau

La Fondation Maeght, située à Saint-Paul-de-Vence, présente une exposition dédiée à Ellsworth Kelly, explorant la thématique de l’eau dans son œuvre, qui a basculé dans l’abstraction en 1949. Ce projet est orchestré par Éric de Chassey, ami et spécialiste de l’artiste américain, décédé en 2015.

L’exposition intitulée « Ellsworth Kelly aux bords de l’eau » a été inaugurée le 27 juin, alors qu’une vague de chaleur touchait Paris. Isabelle Maeght, lors de la visite de presse, a partagé des anecdotes sur ses premiers accrochages avec Kelly, soulignant que leur première collaboration en 1958 avait été un échec commercial. Elle a également évoqué la relation de Kelly avec Adrien Maeght, qui a contribué à la production de lithographies à une époque difficile.

Réflexions sur l’eau

Le commissariat de l’exposition s’inspire des réflexions de Kelly dans les années 1950 sur la lumière et ses reflets sur l’eau. Cette question se pose : comment représenter ce phénomène tout en lui conférant une certaine stabilité ? Les œuvres exposées incluent une série de dessins réalisés à Paris en 1949, tels que Île Saint-Louis, Pont de Tournelle, et Bateaux, Quai d’Anjou.

Des œuvres moins connues, comme une encre et deux gouaches de 1951, sont également présentées aux côtés de photographies inédites. Ces pièces, provenant principalement du studio de l’artiste, révèlent des aspects inexplorés de son travail.

Des titres évocateurs

Les titres des œuvres invitent à réfléchir sur leur contenu. Par exemple, Reflets de lumière sur l’eau évoque clairement le thème aquatique, tandis que d’autres, comme Paysage médiéval, laissent planer le doute. L’œuvre Méditerranée (1952), composée de neuf panneaux monochromes, est également mise en avant.

L’art comme documentation

Éric de Chassey a précisé que Kelly n’a jamais dissimulé ses sources d’inspiration. Dans sa première monographie des années 1970, il a inclus des images qui n’étaient pas des points de départ pour ses œuvres, mais plutôt des confirmations de ce qu’il avait observé. Jack Shear, époux de Kelly, a souligné que ces souvenirs révèlent la manière unique de l’artiste de percevoir le monde.

Un parcours cyclique

L’exposition suit un ordre chronologique qui met en lumière le caractère cyclique du travail de Kelly. À partir des années 2000, il a revisité ses archives pour recréer certaines de ses œuvres. Par exemple, Lake II (2022) est une seconde version d’une toile de 1982, dérivée d’un dessin préparatoire de 1970.

Conclusion

L’exposition « Ellsworth Kelly. Aux bords de l’eau » se tient à la Fondation Maeght jusqu’au 15 novembre 2026, offrant une occasion unique d’explorer le rapport de Kelly à l’eau et à l’abstraction.

Source : Connaissance des Arts

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