La hausse des arrêts maladie : un reflet d’un management contesté ?
À partir du 1er septembre, la durée maximale d’une première prescription d’arrêt de travail sera limitée à un mois, une me visant à « contrer les abus et diminuer la facture » estimée à 17,9 milliards d’euros pour 2025. Cette évolution soulève une question : ces absences pour raison de santé ne devraient-elles pas également être perçues comme une contestation d’un management jugé vertical et axé sur les chiffres ?
Un baromètre récent d’Axa sur l’absentéisme révèle une tendance inquiétante : une augmentation des arrêts maladie, particulièrement de longue durée. Cette hausse touche toutes les catégories sociales, mais elle est particulièrement marquée chez les jeunes de moins de 30 ans et les cadres. Parmi les arrêts longs, 38 % sont liés à des troubles psychologiques, tandis que 27 % concernent des troubles musculosquelettiques.
Face à un coût prévisible d’environ 18 milliards d’euros liés aux arrêts maladie en 2025, le gouvernement a annoncé une série de mes visant à améliorer la qualité de vie au travail tout en contrôlant les abus. Un décret précise que la durée maximale d’une première prescription sera de 31 jours, avec une prolongation possible jusqu’à 62 jours. Cependant, la question du management et de son influence sur la santé au travail semble avoir été négligée.
L’absentéisme, selon des experts, doit être interprété comme un indicateur de la qualité du management. En France, le management est souvent perçu comme vertical et peu démocratique, limitant ainsi l’autonomie des travailleurs. Le retour au bureau après la période de télétravail, instaurée durant la pandémie, a été vécu par certains comme une reprise de contrôle par la direction.
La hausse des arrêts maladie pourrait également signaler un affaiblissement des liens collectifs sur le lieu de travail. Des chercheurs soulignent que cette forme d’absentéisme reflète une individualisation des revendications sociales, où les travailleurs exercent leur droit de suspendre leur activité en réponse à une exploitation ressentie.
L’impact de l’intelligence artificielle sur le management, notamment à travers le « management algorithmique », pourrait également exacerber les risques pour la santé des travailleurs. Les systèmes de notation et d’évaluation basés sur des algorithmes peuvent contribuer à une dégradation des conditions de travail, rendant la tâche des employés plus difficile et isolante.
Face à ces enjeux, il est essentiel d’adopter une approche préventive et holistique de la santé au travail. Les arrêts maladie doivent être considérés comme des signaux d’alerte sur les pratiques managériales et la relation collective au travail.
Source : Axa, Légifrance
