IA : le chef de l’ONU réclame une gouvernance mondiale avant qu’il ne soit trop tard

Gouvernance mondiale de l’IA : António Guterres appelle à l’action

En visite à Genève pour l’ouverture du premier dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a plaidé pour la création d’un cadre international ambitieux afin de maîtriser les conséquences de cette technologie. Selon lui, l’ampleur de l’IA dépasse désormais la capacité des États à la réguler individuellement.

« Les machines peuvent éclairer les décisions, mais les êtres humains doivent décider. et en répondre », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’une gouvernance mondiale digne de la confiance de tous. L’envoyé spécial des Nations Unies pour les technologies numériques et émergentes, Amandeep Singh Gill, a partagé cette préoccupation, affirmant que l’intelligence artificielle est trop importante pour être façonnée par un nombre restreint d’acteurs.

Cette déclaration intervient alors que les avancées de l’IA ne se limitent plus aux usages civils. Des puces électroniques, initialement conçues pour l’IA, sont désormais intégrées dans des systèmes d’armement, rendant la réalité des « robots tueurs » plus pressante.

En moins de trois ans, l’IA générative a transformé les économies et le quotidien de millions de personnes, mais elle a également suscité des préoccupations majeures, telles que la désinformation, les cyberattaques et la surveillance automatisée. Yoshua Bengio, coprésident d’un groupe scientifique indépendant de l’ONU, a indiqué qu’aucun ralentissement de cette technologie n’est en vue et que les capacités de ces systèmes continueront de croître rapidement.

António Guterres a également souligné l’importance de protéger les enfants face à l’IA, appelant à un engagement mondial pour leur sécurité. Il a insisté sur le fait qu’aucun enfant ne devrait être un cobaye pour une intelligence artificielle non réglementée.

Enfin, le Secrétaire général a mis en lumière les inégalités croissantes, avertissant que les investissements privés dans l’IA atteignent des niveaux sans précédent, tandis que les financements pour les pays en développement restent dérisoires. Plus de 20 États soutiennent un projet de l’ONU visant à créer un réseau mondial d’échange et de coopération pour renforcer les capacités des pays les moins avancés dans le domaine de l’IA.

L’ONU travaille sur cette architecture depuis plusieurs années, avec un dialogue mondial prévu à New York en mai 2027.

Source : ONU

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