Fibre Excellence : « C’est comme si Airbus fermait à Toulouse »
Alors que l’avenir de l’entreprise Fibre Excellence est suspendu à la décision du tribunal le 27 juillet prochain, ce sont des centaines de familles commingeoises qui restent dans l’angoisse. Entre chômage partiel et menace de liquidation, les salariés attendent des réponses depuis des mois sur le site de Haute-Garonne.
À Saint-Gaudens, l’été s’annonce lourd d’une incertitude devenue étouffante, bien plus que les fortes chaleurs. Pour les salariés de Fibre Excellence, suspendus depuis des mois aux décisions d’investisseurs, de l’État et du tribunal de commerce de Toulouse, la période estivale n’aura pas la saveur du repos. Depuis l’arrêt des usines en mai et le maintien de l’activité partielle, c’est l’angoisse qui domine. Comment se projeter sans savoir si l’on aura encore un travail pour nourrir sa famille à la rentrée ?
Cédric Bye, représentant syndical CGT à Saint-Gaudens, évoque une situation délicate : « Certains avaient déjà fait leurs réservations. Ils auront leurs congés. Mais ce répit est en trompe-l’œil. Ils vont peut-être partir sans savoir s’ils auront un emploi à la rentrée. » Malgré les débats au tribunal qui ont évité une liquidation immédiate, l’incertitude persiste. « On a des améliorations, mais pour l’instant, il n’y a rien de concret. La liquidation plane toujours », déplore-t-il.
Au-delà de l’usine, c’est l’avenir de tout le Comminges qui vacille. Fibre Excellence, dernière industrie majeure d’un territoire déjà éprouvé par les fermetures, fait vivre directement environ 350 familles, sans compter le tissu des sous-traitants et la filière bois qui représente environ 5 000 emplois. Cédric Bye souligne l’impact potentiel : « Ce qui se passe à Saint-Gaudens, c’est comme si Airbus fermait à Toulouse. À l’échelle de la population, l’impact serait le même. »
Face à ce scénario préoccupant, l’attente des salariés n’est pas seulement sociale, mais devient vitale pour l’économie locale. Sur le site de Saint-Gaudens, Fibre Excellence fait vivre 350 familles, des emplois aujourd’hui menacés. Si l’on ajoute le site des Bouches-du-Rhône, le nombre d’emplois directs en sursis grimpe à 670.
Source : La Dépêche
