Budget des Armées : le Parlement adopte une trajectoire à 436 milliards d’euros d’ici 2030

Budget des Armées : le Parlement adopte une trajectoire à 436 milliards d’euros d’ici 2030

Le Parlement a définitivement approuvé, le 1er juillet, un plan de financement pour les Armées s’élevant à 436 milliards d’euros d’ici 2030, à quelques jours de la fête nationale du 14 juillet. Ce projet, qui suscite des critiques quant à son montant et son financement, devra faire face aux enjeux de la prochaine présidentielle.

Après un vote favorable au Sénat, l’Assemblée nationale a entériné le projet de loi du gouvernement par 375 voix contre 113. Cette actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), adoptée en 2023, inclut 36 milliards d’euros supplémentaires, portant le budget militaire annuel à 2,5 % du PIB.

Cette trajectoire doit être validée chaque année lors des débats budgétaires au Parlement, ce qui laisse la possibilité de révisions. Toutefois, des investissements dans l’industrie, une fois engagés, sont difficiles à annuler, selon les partisans du texte. La loi s’appuie sur des leçons tirées des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, en mettant l’accent sur l’importance des stocks de missiles, d’obus et des drones.

Catherine Vautrin, ministre des Armées, a déclaré : « Nous la devions aux Français (…) parce que le contexte l’exige. La guerre de haute intensité est revenue en Europe. » Cependant, ce budget ne satisfait pas tous les acteurs politiques. La droite sénatoriale avait même supprimé l’article principal en signe de protestation, avant qu’un compromis soit trouvé.

La trajectoire budgétaire sera également influencée par les résultats de la prochaine élection présidentielle, le futur président pouvant proposer une nouvelle loi de programmation. Jean-Louis Thiériot, ancien ministre et co-rapporteur du texte, a évoqué un « choix de vérité » pour le prochain chef de l’État.

Le texte a été soutenu par des formations d’opposition, dont le Rassemblement national, qui a critiqué une loi visant à « réparer les erreurs de la précédente » plutôt qu’à préparer l’avenir. Les groupes de gauche se sont opposés au projet, invoquant des divergences sur la politique militaire et des articles controversés.

Parmi les dispositions discutées, l’établissement d’un nouvel « état d’alerte de sécurité nationale » a suscité des inquiétudes. Ce régime exceptionnel, pouvant être décrété en cas de menace grave, accorde au gouvernement des pouvoirs étendus pour déroger à des normes environnementales. De plus, le texte permet à certains opérateurs privés, tels que les aéroports, de recourir à des dispositifs antidrones.

La Journée Défense et Citoyenneté sera transformée en Journée de mobilisation, axée sur la connaissance des forces armées, et un nouveau service national militaire et volontaire a été adopté. L’adoption de ce texte revêt également une importance symbolique pour Emmanuel Macron, qui espère le voir approuvé avant son discours traditionnel aux Armées le 13 juillet.

Source : La Croix

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