Taskforce : gendarme des finances publiques ou machine à intimider ? | Gabonreview.com

Taskforce : gendarme des finances publiques ou machine à intimider ?

La Taskforce, créée en juin 2020, est au cœur de nombreuses controverses au Gabon. Accusée d’intimider les entreprises, de bloquer des paiements et de servir d’instrument politique, son image est marquée par des critiques persistantes. Depuis sa création, elle a cristallisé des perceptions diverses, oscillant entre organe de contrôle essentiel et instrument de pression.

La Taskforce est souvent perçue comme un acteur redouté par les opérateurs économiques, évoquant des convocations et des audits jugés interminables. Certains la voient comme un moyen de règlement de comptes, tandis que d’autres estiment qu’elle détient le pouvoir d’accélérer les paiements de l’État. Cependant, ces représentations ne reflètent pas entièrement son rôle réel.

La réputation de la Taskforce a été façonnée par des méthodes jugées coercitives lors de sa première version, qui a été dissoute en raison de soupçons de corruption et de dépassement de compétence. Les critiques soulignent que ses audits prolongés aggravent les difficultés financières des entreprises, déjà affectées par des retards de paiement de l’État. Cette situation nourrit un sentiment d’injustice, où les petits opérateurs semblent plus exposés que les grands acteurs économiques.

Ses interventions visent à vérifier la régularité des créances avant que les administrations financières ne procèdent à leur règlement. Elle ne signe aucun ordre de paiement et ne peut pas accélérer ou retarder le traitement des factures.

Dans le cadre de ses enquêtes, la Taskforce suit une méthodologie rigoureuse, examinant la conformité des documents administratifs et vérifiant la réalité des prestations. En cas d’irrégularités, elle transmet les éléments au Procureur de la République, qui seul peut décider des poursuites judiciaires.

La Taskforce a également ouvert la porte aux signalements, permettant aux citoyens et aux opérateurs économiques de faire remonter des informations, à condition qu’elles soient suffisamment fondées. Cette me vise à éviter les abus et les dénonciations malveillantes.

Depuis sa restructuration en novembre 2024, la Taskforce opère sous un cadre juridique renforcé, mais son passé continue de peser sur sa réputation. La question demeure de savoir si elle parviendra à changer cette image et à être jugée sur ses résultats plutôt que sur les fantasmes qui l’entourent.

Source : GabonReview.

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