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Monument Damas Aléka : le vrai chantier

Derrière la polémique sur les délais de livraison se posent des questions essentielles : la transparence et le respect des règles relatives à la commande publique.

Monument Damas AlékaSans appel d’offres visible, sans panneau de chantier, sans contrat enregistré, le monument Damas Aléka s’érige sur du sable procédural. Que célébrera-t-on le 16 août devant le monument Damas Aléka, l’hymne national ou l’hymne à l’opacité ? © GabonReview

La construction du monument Georges Damas Aléka suscite de vives réactions depuis la visite récente du président de la République, Brice-Clotaire Oligui Nguéma, qui a fixé la date de livraison au 16 août. Cette annonce a immédiatement captivé l’attention du public, alimentant des discussions sur les réseaux sociaux, où les commentaires vont de l’ironie à la critique acerbe. La question centrale qui émerge de cette situation est celle du respect des règles régissant la commande publique. En effet, au-delà des retards constatés, il est légitime de s’interroger sur la conformité des procédures de construction.

Exigence de bonne gouvernance

Initialement, ce projet visait à honorer la mémoire de l’auteur-compositeur de l’hymne national, figure emblématique des débuts de l’indépendance. Toutefois, l’avancement des travaux laisse penser que les délais annoncés ne seront pas respectés. Les interrogations se multiplient quant aux conditions de réalisation de l’ouvrage, soulevant des préoccupations sur les contraintes techniques, logistiques et les exigences de contrôle.

Les questions demeurent sans réponse : un appel d’offres a-t-il été lancé ? Où et quand a-t-il été publié ? Pourquoi le panneau de chantier est-il absent ? Qui sont les intervenants impliqués ? Qu’en est-il des aspects administratifs et du financement ? Selon certaines sources, le coût de ce marché pourrait atteindre plusieurs milliards de francs, mais il n’existe pas de preuve formelle d’un contrat enregistré auprès des services fiscaux. De plus, des interrogations subsistent sur les éventuelles pénalités en cas de retard ou de dépassement budgétaire.

Crédibilité de l’action publique

La gestion de ce chantier a été confiée à Erick Mauro Nguéma, à la fois concepteur et exécutant du projet, une situation qui soulève des questions sur la séparation des responsabilités, essentielle pour garantir la qualité des travaux et éviter les conflits d’intérêts. Des architectes affirment qu’il avait initialement été décidé de confier le projet à un bureau d’architecture, mais que M. Nguémah a revendiqué cette commande en invoquant des liens personnels avec le président.

Si l’hommage à Georges Damas Aléka est largement soutenu, la bonne gouvernance exige transparence et responsabilité. Dans un contexte de démocratie participative, les citoyens réclament des réponses et un accès à l’information publique pour s’asr du respect des procédures. La pérennité de ce monument, symbole d’un acteur majeur de l’histoire, dépendra de l’intégrité du processus de construction.

Source : GabonReview

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