Peut-on vraiment préparer sa peau au soleil ?
Les produits promettant une peau hâlée, tels que les « accélérateurs de bronzage » et « activateurs de bronzage », sont nombreux à l’approche des vacances. Cependant, leur efficacité et leur sécurité suscitent des interrogations.
Le bronzage est un mécanisme de défense naturel de la peau face aux rayons UV du soleil. Selon l’Inserm, « les UVA sont associés au vieillissement de la peau et à un risque accru de cancer de la peau, comme le mélanome, tandis que les UVB causent des brûlures et sont à l’origine des coups de soleil. » Ce processus implique deux types de cellules de l’épiderme : les kératinocytes et les mélanocytes, qui produisent respectivement une barrière protectrice et de la mélanine, pigment responsable du bronzage.
Pas d’étude démontrant leur efficacité
À l’approche de l’été, crèmes, huiles et compléments alimentaires, souvent présentés comme des activateurs de bronzage, envahissent les rayons des parapharmacies. Toutefois, l’Inserm souligne qu’il existe peu de données publiées sur l’efficacité et la sécurité de ces produits. En 2022, la Food and Drug Administration (FDA) a mis en garde contre les doses massives de canthaxanthine, un colorant présent dans certaines gélules. Des problèmes de rétinopathies, de foie et d’irritations cutanées ont été signalés.
L’Institut national du Cancer avertit également que ces produits ne remplacent pas les crèmes solaires et ne protègent pas des effets nuisibles des UV. Certains compléments à base de bêtacarotène, pris en forte dose, présentent un risque accru de cancers du poumon, notamment chez les fumeurs.
Un bronzage « sain » n’existe pas
Bien que l’efficacité de ces produits soit contestée, les dangers d’une exposition prolongée au soleil sont bien connus. Les risques incluent brûlures, vieillissement prématuré de la peau, troubles oculaires et mélanome. L’Inserm recommande d’utiliser une protection solaire adaptée, de porter des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes anti-UV, surtout pour les enfants, et d’éviter l’exposition entre midi et 16 heures.
Chaque année, près de 100 000 nouveaux cas de cancers de la peau sont diagnostiqués en France, dont 80 % sont liés à une exposition excessive au soleil. La forme la plus agressive, le mélanome, a vu son incidence multipliée par cinq entre 1990 et 2023. Malgré cela, 78 % des Français croient que le soleil est bénéfique pour la santé, selon une étude de 2022.
De plus, les cabines de bronzage augmentent considérablement les risques de cancer cutané. Les rayonnements UV artificiels sont classés comme cancérogènes « certains » pour l’homme par le Centre national de recherche sur le cancer (CIRC) et leur utilisation est interdite dans plusieurs pays.
Source : Inserm, Institut national du cancer, FDA
