Canicule : des effets immédiats aux dangers insidieux de la chaleur
Alors qu’un nouvel épisode de canicule vient de débuter, il est crucial de comprendre comment ces périodes prolongées de fortes chaleurs affectent notre organisme, tant de manière directe qu’indirecte, et même retardée. Ces effets, souvent invisibles, peuvent néanmoins être évités.
Du 24 au 28 mai derniers, 300 décès supplémentaires ont été enregistrés dans les 17 départements touchés par la canicule. Les appels au Samu ont connu une hausse de 10 % à 75 % selon les régions durant la canicule de fin juin. Comment ces fortes chaleurs mettent-elles en péril notre santé ?
La canicule, la plus dangereuse des vagues de chaleur
La canicule est définie par une période de chaleur intense, durant laquelle l’Indice BioMétéorologique (IBM), qui combine des températures minimales et maximales sur trois jours, atteint ou dépasse les seuils départementaux pendant trois jours et trois nuits consécutifs. Les populations vulnérables, notamment les personnes âgées, sont les plus touchées : 230 des 300 décès en excès concernaient des personnes de plus de 75 ans lors de la canicule de fin mai. Cependant, les bilans récents montrent que l’ensemble de la population, y compris les jeunes, peut être affecté.
La thermorégulation s’emballe
Face à la chaleur, le corps humain active des mécanismes de thermorégulation, tels que la transpiration et l’augmentation du débit sanguin cutané. Toutefois, ces processus peuvent rapidement être dépassés, entraînant des pathologies liées à la chaleur, comme des maux de tête, des nausées, des crampes musculaires et de la déshydratation. Le coup de chaleur, une des complications les plus graves, peut être fatal.
L’hyponatrémie, une diminution de la concentration de sel dans le sang, est une autre complication méconnue qui peut survenir lorsque l’apport en eau excède celui en sodium. Ce déséquilibre est particulièrement risqué pour les personnes âgées, celles souffrant de maladies chroniques ou prenant certains médicaments.
Les personnes âgées les plus vulnérables
Le vieillissement accroît l’exposition des personnes âgées aux effets de la chaleur. Leur perception de la chaleur et de la soif est diminuée, et leur capacité à éliminer la chaleur est réduite. De plus, des pertes hydriques dues à des maladies ou à des médicaments, tels que les diurétiques, augmentent le risque de déshydratation.
Les personnes les plus fragiles peuvent ressentir des symptômes avec un « effet retard », parfois cinq à dix jours après l’exposition à la chaleur, en raison de l’accumulation de chaleur dans l’organisme. Un niveau de risque cardiovasculaire cumulé maximal a été observé au quatrième jour suivant l’exposition à des températures élevées.
Des conséquences aussi indirectes
Les températures élevées entraînent également une augmentation des risques sanitaires indirects, tels que les noyades, qui ont causé plus de 90 décès depuis le 19 juin, selon un bilan de la ministre des Sports. Les maladies respiratoires et cardiovasculaires, exacerbées par la pollution atmosphérique, notamment l’ozone et les particules fines, sont également en hausse. Cela est particulièrement vrai en milieu urbain, où la chaleur favorise la formation d’ozone. Le Haut Conseil de la santé publique recommande d’éviter les sorties entre 12 h et 16 h lors des épisodes de pollution.
Source : La Dépêche
