Le gouvernement De Wever face à un déficit budgétaire alarmant
Le gouvernement fédéral belge doit mobiliser 7,7 milliards d’euros pour respecter ses engagements européens d’ici 2029, selon un rapport du comité de monitoring. Cette somme pourrait atteindre 9,8 milliards d’euros d’ici 2031.
D’après ce comité, composé de hauts fonctionnaires surveillant le budget, le déficit budgétaire fédéral s’élèvera cette année à 25,68 milliards d’euros, soit 3,9 % du PIB. En 2027, le solde de financement du pouvoir fédéral devrait se détériorer de 7,334 milliards d’euros, représentant une baisse de 0,9 point de pourcentage du PIB par rapport à 2026. Cette situation est principalement due à l’augmentation des dépenses primaires (+3,2 milliards d’euros) et des charges d’intérêts (+2 milliards d’euros), ainsi qu’à une diminution des charges non fiscales (-2,3 milliards).
Si aucune me n’est prise, le déficit atteindra 38,275 milliards d’euros d’ici 2029, soit 5,2 % du PIB, et grimpera à 44 milliards d’euros en 2031, représentant 5,7 % du PIB. Pour l’ensemble des pouvoirs publics, le déficit pourrait atteindre 48,5 milliards d’euros d’ici 2031, contre 46,2 milliards dans le rapport précédent de mars.
Le taux d’endettement devrait également augmenter de manière significative dans les années à venir. En 2024, il sera de 112,7 % du PIB, atteignant 117,1 % en 2029 et 122,6 % en 2031. Selon l’Agence fédérale de la dette, un effet boule de neige pourrait se produire en 2031, lorsque le taux d’intérêt moyen dépassera le taux de croissance du PIB.
Le gouvernement De Wever a été contraint d’augmenter ses dépenses militaires plus rapidement que prévu pour atteindre 2 % du PIB d’ici 2025. Cependant, des incertitudes subsistent quant à la prise en compte de certaines dépenses pour le calcul des contributions à l’OTAN, avec un écart potentiel de 544 millions d’euros en 2031.
Le gouvernement doit prochainement se réunir en conclave budgétaire pour établir non seulement le budget de l’an prochain, mais aussi une trajectoire pluriannuelle jusqu’en 2029. La remise de ce rapport est cruciale pour évaluer les évolutions de la situation financière du pays. L’échéance du 21 juillet pour conclure un accord a été jugée trop précoce par plusieurs ministres, et la Commission européenne attend la proposition budgétaire de la Belgique pour la mi-octobre.
Bart De Wever a déclaré : « Le défi décrit par le comité de monitoring est particulièrement important, mais il correspond aux prévisions. Il s’agit désormais d’assumer nos responsabilités et de combler à nouveau ce déficit supplémentaire. There is no alternative. »
L’opposition a critiqué la politique du gouvernement, évoquant une « austérité » préjudiciable. Le président du PS, Paul Magnette, a dénoncé un « gigantesque trou noir budgétaire » et a appelé à des mes alternatives, telles que la lutte contre la fraude fiscale et la contribution des grandes fortunes.
Cette situation budgétaire met en lumière les défis économiques auxquels le gouvernement De Wever doit faire face et soulève des questions sur les choix politiques à venir.
Source : Comité de monitoring