L’Alberta et l’Ontario annoncent un projet de pipeline de 3 300 km
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, et son homologue albertaine, Danielle Smith, ont présenté le tracé d’un pipeline de 3 300 kilomètres reliant Hardisty, située à 200 km au sud-est d’Edmonton, à Sarnia, en Ontario, au sud du lac Huron. Ce projet, nommé Northern Shield, est destiné à transporter 500 000 barils de pétrole par jour et se déroulera entièrement sur le territoire canadien.
L’initiative est pilotée par le gouvernement ontarien, qui se chargera des études de coût et de faisabilité. À plus long terme, des extensions vers les provinces de l’est et le nord du Manitoba, jusqu’au port de Churchill, sont envisagées pour permettre au pipeline d’atteindre une capacité de 800 000 barils par jour.
Danielle Smith a affirmé que ce projet contribuera à son objectif de doubler la production de pétrole de l’Alberta dans les 10 à 15 prochaines années. Les deux provinces considèrent ce « corridor énergétique » comme un projet de sécurité nationale et de renforcement des chaînes d’approvisionnement. Doug Ford a souligné la nécessité d’agir rapidement pour « protéger les emplois canadiens et les familles canadiennes ».
La capacité des raffineries ontariennes sera augmentée pour répondre à ces nouvelles exigences. Le pétrole transporté pourrait également être utilisé pour créer un fonds destiné à faire face à des périodes difficiles, tandis que l’exportation vers l’Europe est envisagée.
Ce projet découle d’un protocole d’entente entre l’Ontario, l’Alberta et la Saskatchewan signé l’année dernière, bien que le Manitoba n’ait pas participé à cette entente en raison de l’absence d’intégration de divers groupes autochtones.
Le projet soulève des questions quant à sa viabilité économique et environnementale. Certains experts, comme Stephen Legault d’Environmental Defence Canada, le comparent au projet Énergie Est, affirmant que le Canada n’a pas de plan pour gérer son rôle de pollueur à l’échelle mondiale. D’autres, comme Heather Exner-Pirot de l’Institut MacDonald-Laurier, estiment que ce pipeline pourrait répondre à une demande croissante de sécurité énergétique.
Ce projet, qui pourrait coûter entre 50 et 70 milliards de dollars, suscite des débats sur son opportunité et son impact à long terme sur l’économie canadienne et l’environnement.
Source : Radio-Canada
