Canicule : « Le gouvernement a brillé par son abandon de poste »
Le 30 juin, Sandrine Rousseau, députée Les Écologistes de la 9e circonscription de Paris, a appelé son parti à déposer une motion de cen contre le gouvernement en raison de sa gestion de la canicule. Cette motion a été officiellement déposée le 2 juillet et sera débattue à l’Assemblée nationale le 6 juillet à partir de 14 heures.
Sandrine Rousseau a justifié cette démarche en soulignant l’absence de réaction du gouvernement durant la période caniculaire. Le plan canicule n’a été activé dans les hôpitaux que tardivement, le 25 juin, lorsque le ministère de la Santé a déclenché la phase 3 de son plan Orsan et débloqué 100 millions d’euros pour le rafraîchissement des services hospitaliers. De plus, aucune consigne n’a été donnée concernant le monde du travail, comme la possibilité pour les travailleurs exposés à la chaleur de quitter leur poste ou de modifier leurs horaires.
Il a fallu attendre les deux derniers jours de l’épisode caniculaire pour qu’un message soit adressé aux personnes isolées, alors même qu’un précédent épisode caniculaire avait eu lieu en mai et que la France a connu des vagues de chaleur depuis 2003.
Les Écologistes pointent une impréparation qui frôle l’incompétence, affirmant que le gouvernement a laissé la population se débrouiller seule face à cette crise. Le Premier ministre Sébastien Lecornu et le président Emmanuel Macron n’ont pas pris la parole pour exprimer leur empathie envers les citoyens touchés par la chaleur, contrairement à leur fréquence d’intervention durant la pandémie de Covid-19.
Le Rassemblement national a annoncé qu’il ne voterait pas cette motion de cen, tout comme le Parti socialiste. Malgré cela, les Écologistes espèrent que cette motion permettra de questionner l’exécutif sur sa gestion de la crise climatique, soulignant l’importance d’un discours sur le climat et l’aggravation des événements climatiques.
Les Écologistes ont également demandé l’ouverture d’une commission d’enquête sur l’absence de politique d’adaptation du gouvernement face au réchauffement climatique, insistant sur le fait que toute politique d’adaptation sera inefficace si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites.
La situation actuelle soulève des interrogations sur la responsabilité des ministres concernés, qui n’ont pas été visibles durant cette crise, laissant un pays entier dans une situation difficile sans accompagnement adéquat.
Source : Reporterre
