Va-t-on manquer d’eau en Gironde ?
En Gironde, la question de l’eau devient cruciale pour les agriculteurs, alors que des températures dépassant les 40 °C et un déficit de précipitations en juin mettent en péril de nombreuses productions agricoles. La Chambre d’agriculture (CA) souligne que les cultures irriguées sont mieux armées pour faire face à cette situation que celles qui ne le sont pas. Actuellement, 80 % des prélèvements d’eau des agriculteurs proviennent des nappes souterraines, notamment la nappe des sables, qui est abondante et bien rechargée en hiver, mais dont l’eau n’est pas potable.
La CA souhaite également dissiper certaines idées reçues concernant l’irrigation. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, celle-ci n’utilise pas d’eau potable dans la plupart des cas. Les exploitants, qui investissent des sommes considérables, n’ont aucun intérêt à gaspiller cette ressource. En effet, l’irrigation en Gironde ne représente que 1 à 1,5 % des pluies annuelles, ce qui est bien en dessous de la variabilité interannuelle.
Sans irrigation, l’agriculture, la souveraineté alimentaire et la diversification des cultures seraient menacées. Environ 700 exploitations girondines utilisent l’irrigation, allant des grandes cultures céréalières aux maraîchers. La crise actuelle de la viticulture, avec l’arrachage d’un tiers du vignoble depuis 2005, incite les agriculteurs à se tourner vers d’autres cultures nécessitant également de l’eau, telles que le kiwi ou le chanvre.
La question du stockage de l’eau se pose avec le réchauffement climatique. Les projections indiquent une augmentation des pluies en hiver et une diminution en été, ce qui rend nécessaire la capacité à stocker l’eau durant les mois plus humides pour l’utiliser ensuite en période de sécheresse. Cédric Pointet, vice-président de la CA, souligne que sans un accès sécurisé à l’eau, des cultures comme le kiwi, nécessitant un investissement de 100 000 euros par hectare, ne peuvent pas prospérer.
Le secteur de l’Entre-deux-Mers, où l’arrachage de la vigne libère des terres agricoles mais est peu pourvu en grandes rivières, fait face à des défis supplémentaires en matière de stockage de l’eau. Ce sujet, potentiellement délicat, se heurte à des lourdeurs administratives et à l’hostilité d’une partie de l’opinion publique. La CA martèle donc que « sans eau, pas de production agricole ».
Source : Chambre d’agriculture de la Gironde