Moustiques : la canicule les a fait fuir, mais gare à l’effet rebond

Moustiques : la canicule les a fait fuir, mais gare à l’effet rebond

Ouvrir les fenêtres pour faire entrer un peu de fraîcheur la nuit, ou les garder fermées pour se protéger des moustiques ? Ce dilemme a animé de nombreux foyers français durant la canicule de juin. De Paris à la Camargue, beaucoup ont observé une diminution notable des moustiques, alors que cette période est habituellement propice à leur prolifération.

Les scientifiques spécialisés dans l’étude des insectes confirment que les fortes chaleurs ont eu des répercussions temporaires sur les moustiques. La hausse des températures a accentué l’évaporation, vidant ainsi les réservoirs d’eau stagnante, fossés et mares, qui sont des lieux de reproduction privilégiés pour ces insectes. Les œufs, laissés au sec, n’ont pas pu éclore, et les larves se sont desséchées rapidement.

Parallèlement, les Français, en ouvrant leurs fenêtres la nuit, ont souvent gardé leurs logements fermés durant la journée, ce qui a rendu plus difficile l’accès des moustiques. De plus, l’utilisation de ventilateurs a également contribué à repousser ces insectes, leur vitesse de vol étant insuffisante pour résister à l’air en mouvement.

Les moustiques, qui ne supportent pas bien la chaleur extrême, se cachent dans la végétation pour éviter de se déshydrater. En effet, selon Mathieu de Flores, entomologiste à l’Office pour les insectes et leur environnement, leur température corporelle équivaut à celle de l’extérieur. Ainsi, ils deviennent moins actifs lorsque le mercure dépasse les 35 °C.

Cependant, ces insectes ne sont pas disparus. Ils se sont cachés, attendant des conditions plus favorables. Les œufs peuvent survivre plusieurs mois à l’ombre et, une fois que les bassins d’eau se remplissent à nouveau, ils reprennent leur cycle de vie en devenant adultes en une à deux semaines.

Cette éclosion retardée pourrait entraîner un effet rebond post-canicule. Un pic d’activité peut survenir une à deux semaines après la canicule, surtout si des températures douces (entre 20 et 30 °C) et de la pluie se manifestent.

Actuellement, les conditions en France ne semblent pas réunies pour un rebond massif : l’air reste majoritairement sec, les fortes chaleurs persistent sur le sud, et les températures nocturnes descendent en dessous de 18 °C dans de nombreux départements.

Source : La Croix

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