Une forêt vieille de 40 000 ans menacée : ils forment une chaîne humaine contre la LGV Bordeaux-Toulouse

Une forêt vieille de 40 000 ans menacée : une chaîne humaine contre la LGV Bordeaux-Toulouse

Bernos-Beaulac (Gironde), reportage — Samedi 4 juillet, des centaines de familles, élus et militants se sont rassemblés au cœur de la vallée du Ciron pour former une chaîne humaine, dénonçant le projet de ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse. L’événement a été marqué par une ambiance festive, bien que la colère des participants soit palpable. « On est en colère, et ce n’est pas près de s’arrêter », a déclaré un membre du collectif LGV NiNa (Ni ici, ni ailleurs).

Le Ciron, un affluent de la Garonne, est un symbole de la lutte contre ce projet, qui prévoit la construction de 17 ponts et viaducs à travers son bassin versant. Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, a qualifié le site de « joyau de biodiversité », soulignant les menaces environnementales posées par la LGV.

Une forêt de 40 000 ans menacée par la LGV

La vallée du Ciron abrite l’une des plus anciennes hêtraies de France, vieille de 40 000 ans, ainsi que des espèces menacées telles que le vison d’Europe et la tortue cistude. « On est en train de détruire le vivant, et ça se passe sous nos yeux », a déclaré Julien, un habitant local.

Des hêtres uniques, qui ont résisté à la dernière période glaciaire, sont également présents sur les berges. Pauline Dupouy, membre du collectif LGV NiNa, a insisté sur l’importance de préserver cet écosystème, le comparant à « Lascaux de la biodiversité », précisant qu’une niche écologique de 40 000 ans ne peut pas être reconstruite.

Des lignes existantes vétustes

Le projet de LGV, qui date des années 1980, vise à établir 418 km de nouvelles lignes pour relier Toulouse à Paris via Bordeaux, réduisant le temps de trajet à 3 heures et 10 minutes d’ici 2032. Le coût initial du projet est évalué à 10,4 milliards d’euros, avec une possible augmentation de 20 % selon les dernières estimations du Conseil d’orientation des infrastructures.

De nombreux manifestants plaident pour la rénovation des lignes existantes plutôt que pour la destruction de la nature. Marie-Hélène, résidente à proximité, a exprimé son indignation : « Pourquoi détruire toute cette nature pour gagner vingt minutes ? »

Des outils juridiques pour stopper le projet

Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a qualifié le projet d’« irréversible », des associations environnementales prévoient de déposer un recours devant le tribunal administratif de Bordeaux. Elles contestent l’autorisation environnementale délivrée en février par les préfets concernés, arguant que la consultation publique a été menée de manière illégale.

D’ici fin juillet, une quinzaine d’associations s’apprêtent à agir pour contester ce projet. Jean-Yves Boutet, président de l’association Ciron Bien commun, espère empêcher la SNCF d’abattre les premiers arbres cet automne.

Les manifestants, déterminés, affirment qu’il est encore temps d’agir. Pour Marie-Hélène, « une lutte comme celle-ci, ce n’est jamais fini ».

Source : Reporterre

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