REPORTAGE.

« On peut voir toutes les marques de l’histoire récente » : en Syrie, les touristes font leur retour à Palmyre

Près d’un an et demi après la chute de Bachar al-Assad, les touristes reviennent dans le site archéologique de Palmyre, partiellement détruit par l’État islamique.

En Syrie, le pays tente de renouer avec une forme de normalité. Parmi les signes de cette reprise timide : le retour progressif des touristes sur certains sites emblématiques. À Palmyre, joyau archéologique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, quelques visiteurs viennent de nouveau admirer les vestiges de l’antique cité de la reine Zénobie et observer les destructions laissées par l’organisation État islamique.

Les vestiges de la cité antique témoignent des années de bataille. À terre, des colonnes brisées et, sur les hauteurs, des temples dynamités. L’endroit a été occupé durant des années par l’État islamique. Depuis la chute de Bachar al-Assad, les combattants ont laissé place aux touristes. « On est dans le théâtre. Toutes les destructions que vous voyez, c’est l’État islamique », explique Khaldoum, un guide touristique. « Avant, les gens venaient pour les antiquités de la reine Zénobie. Aujourd’hui, ils viennent aussi voir les traces de la guerre. »

Dans les allées abîmées, la mémoire de la guerre intrigue autant que les vestiges antiques. Un touriste australien observe : « On peut voir toutes les marques de l’histoire récente. On se rend compte de ce qui a été détruit et ce qui ne l’a pas été. Il y a des restes d’obus et les douilles sur le sol. C’est ce qui rend cet endroit si particulier. » Par endroits, quelques marchands ont commencé à réinstaller leurs étals, proposant « des colliers, des souvenirs de Palmyre ».

Un marchand de souvenirs témoigne : « J’ai dû fuir à cause de la guerre dans le désert pendant quinze ans. Maintenant c’est beaucoup mieux, je suis heureux avec ce travail. » Khaldoum, quant à lui, termine de rénover son hôtel. « Peu après la chute du régime, des visiteurs ont commencé à arriver de Damas, de Homs, d’Alep. Ils venaient par groupes, parfois entre 500 et 700 visiteurs par semaine. Alors, les gens comme moi ont commencé à investir. »

L’été dernier, une enveloppe de cinq millions de dollars de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine a été approuvée pour réhabiliter le site. Cependant, les besoins sont immenses et les projets sont surtout portés par les habitants revenus d’exil. « Nous avons besoin d’un soutien de l’État pour aider les personnes qui portent des projets touristiques ici et d’un programme de promotion régional pour attirer davantage les touristes européens », explique Rachid Al-Saleh, l’un des maires de la ville.

Néanmoins, Palmyre reste suspendue aux soubresauts de la région. Depuis le mois de mars, la guerre entre l’Iran et les États-Unis a déjà fait reculer la timide fréquentation touristique.

Source : Franceinfo

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