C’est souvent un bouleversement familial : enquête sur les généalogistes successoraux

Pour régler un certain nombre de successions et pour être assuré de n’oublier aucun héritier, les notaires sollicitent des généalogistes successoraux. Un métier méconnu au cœur des histoires familiales.

Françoise Leroy et Thierry Quievreux sont des généalogistes successoraux, un métier qui les a passionnés dès leurs études. Leur intérêt pour l’histoire de leurs lignées respectives les a conduits à faire de cette passion un métier. Leur travail les amène souvent dans les mairies, comme à Saint-Malo, où Thierry enquête sur la descendance d’un couple ayant vécu dans la ville corsaire.

« Il faut vérifier les filiations. Par exemple, s’il y a dix personnes qui ont ce nom-là, il faut prendre les dix actes et vérifier que c’est une personne qui est issue du couple », explique Thierry. Ce travail minutieux est essentiel pour établir la liste des héritiers potentiels.

Les généalogistes successoraux passent de nombreuses heures à consulter des archives départementales, où se trouvent des registres de successions, des recensements et des matricules militaires. La numérisation de ces documents a facilité leur travail, mais n’a pas résolu tous les mystères. Parfois, des informations cruciales manquent, rendant les recherches plus complexes.

« On sait quand on commence, mais on ne sait pas trop quand on termine », souligne Françoise, qui précise que chaque dossier est unique. Les recherches peuvent mener à des découvertes inattendues, comme retrouver des demi-frères et sœurs d’un défunt que le notaire n’avait pas mentionnés.

Leur travail a des conséquences directes sur les familles concernées. En effet, une fois les héritiers identifiés, il est crucial de les informer avec tact. Garlonn Lembo, assistante juridique à l’étude Guénifey, évoque le défi de prévenir des héritiers souvent surpris par cette nouvelle. « Derrière chaque date, derrière chaque nom, il y a des secrets, des non-dits. Notre rôle est de retisser les liens dans la famille », explique-t-elle.

Les honoraires des généalogistes successoraux peuvent représenter entre 15 et 40 % de l’héritage, une fois les frais de notaire et les droits de succession payés. Ce modèle économique, bien que parfois controversé, est indispensable pour couvrir les frais de recherche et rémunérer les généalogistes.

Ainsi, le métier de généalogiste successoral, bien que méconnu, joue un rôle essentiel dans le règlement des successions et dans la gestion des relations familiales, souvent marquées par des émotions complexes.

Source : France Télévisions

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