: Témoignage

Comment je fais ? Je me mets dans le congélo ? : Les craintes de Mireille face à la canicule

Selon la Fondation pour le logement, les locataires précaires sont les plus vulnérables aux vagues de chaleur. C’est le cas de Mireille Walter, qui vit dans une bouilloire thermique de la banlieue parisienne.

Publié le 05/07/2026 à 06:57
Temps de lecture : 4 min

Depuis plusieurs semaines, les volets en bois du salon de Mireille Walter sont constamment fermés. « On vit dans une grotte », souffle la retraitée de 68 ans, dans la pénombre. « Ou plutôt, on vivote, tellement on est épuisés. » Depuis le mois de mai, cette habitante d’une maison mitoyenne en briques des années 1950 passe son temps à combattre le soleil. Durant la canicule de juin, « il faisait aussi chaud dehors que dedans, jusqu’à 39°C », explique-t-elle, en déambulant doucement : « On l’a très mal vécu, c’était terrifiant. »

À l’étage de son logement social, sa chambre est devenue inutilisable. « Rien n’est isolé et le toit en zinc a transformé la pièce en grille-pain », as-t-elle. Avec son compagnon, ils ont dû se réfugier au rez-de-chaussée. « Je dors sur le canapé et lui sur un matelas gonflable, on fait du camping chez nous », confie-t-elle.

Mireille redoute une nouvelle augmentation des températures, comme l’annonce Météo-France, qui prévoit un nouvel épisode de fortes chaleurs à partir de cette fin de semaine. Si les régions du Sud-Ouest devraient être les plus touchées, tout l’Hexagone connaîtra des températures significativement au-dessus des normales.

Dans une enquête publiée fin juin, la Fondation pour le logement souligne « la xposition des quartiers populaires aux vagues de chaleur ». Les foyers parmi les 20 % les plus pauvres sont deux fois plus nombreux à ne pas parvenir à maintenir leur logement frais l’été que ceux parmi les 20 % les plus riches.

« Les locataires, les habitants de petits logements, les personnes âgées, les étudiants et les habitants des quartiers populaires sont les plus impactés par la précarité énergétique », détaille Maider Olivier, chargée d’études logement et climat à la Fondation pour le logement. Contrairement aux classes plus aisées, les classes populaires n’ont aucune échappatoire pendant les périodes de fortes chaleurs.

Mireille Walter est également en colère. Malgré ses nombreux e-mails, elle n’a jamais reçu de réponse de son bailleur social pour engager des travaux de rénovation thermique jugés indispensables. « L’été c’est un four, l’hiver c’est un congélateur », résume-t-elle, en montrant les traces d’humidité visibles en plein été.

Le dernier geste de son bailleur ? Une feuille A4 glissée dans sa boîte aux lettres pour « adopter les bons réflexes » face à la canicule. « Ils écrivent : ‘Restez au frais’ ! Comment je fais ? Je me mets dans le congélo ? » s’emporte-t-elle.

Ces critiques rejoignent celles de la Fondation pour le logement, qui dénonce « une inaction totale du gouvernement face aux logements bouilloires ». La Fondation appelle à un grand plan pour équiper les logements avec des mes d’adaptation.

Interrogés par la Fondation, les bailleurs sociaux mentionnent le facteur financier comme frein à l’adaptation aux canicules. « L’intégration du confort thermique est fortement conditionnée par les ressources financières disponibles », explique l’un d’eux. En attendant, Mireille Walter continue de se terrer chez elle, espérant que les épisodes de chaleur ne se multiplient pas durant l’été. « Et si vraiment la canicule perdure, on va devoir acheter une clim, sinon on va crever », conclut-elle.

Source : Franceinfo

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