Accabadora : l’âme noire sarde au Festival d’Aix

L’opéra de chambre Accabadora, créé par Francesco Filidei d’après le roman de Michela Murgia, est présenté au Festival d’Aix-en-Provence. La mise en scène de Valentina Carrasco utilise des symboles forts de la culture sarde, offrant une réflexion sur la vie et la mort.

L’œuvre débute par une scène où une mère accouche, pétrissant de la farine pour en faire un pain, symbole de vie. Dans la tradition sarde, ce pain est considéré comme « l’enfant de l’âme ». Le récit se déroule dans les années 1950, en Sardaigne, où les femmes, souvent en deuil de leurs maris partis au front, se consacrent à la vie quotidienne et aux rituels.

Le personnage central, Tzia Bonaria Urrai, incarne à la fois la « dernière mère » et la couturière, jouant un rôle crucial dans la vie des villageois. Son action, qui consiste à apporter la mort aux agonisants, interroge les spectateurs sur des questions contemporaines liées à la fin de vie.

La mise en scène évoque des motifs culturels, tels que le voile du deuil et les personnages masqués, tout en alternant entre des tableaux de joie et des scènes tragiques. La musique de Filidei, inventive et expressive, accompagne les performances des chanteurs, qui sont aussi des acteurs, et crée une atmosphère immersive.

Accabadora est à découvrir jusqu’au 10 juillet au Jeu de Paume à Aix.

Source : La Provence.

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