J’étais sur mes gardes : face à l’homophobie, les touristes LGBT contraints à repenser leurs vacances

Préparer des vacances à l’étranger est un défi pour tous, mais cela s’avère particulièrement complexe pour les personnes LGBT+. Dans de nombreux pays, les voyageurs sont confrontés à des lois et à des mentalités qui peuvent mettre leur sécurité en péril, les obligeant parfois à dissimuler leur orientation sexuelle.

À 29 ans, Émeric, un passionné de voyages parisien, se retrouve souvent à planifier ses escapades en tenant compte des risques qu’il encourt en tant qu’homme homosexuel. « Un voyage quand tu es gay demande une préparation particulière. Il y a des questions que tu es obligé de te poser car on ne peut pas mettre les pieds partout », explique-t-il.

Actuellement, l’homosexualité est illégale dans environ 60 pays. Dans plusieurs régions d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud-Est, les personnes LGBT+ risquent des peines de prison, voire la peine de mort, selon un rapport de l’ILGA.

« La base, c’est de vérifier »

Avant chaque voyage, Émeric s’as de se renseigner sur la législation locale et l’ouverture d’esprit de la population. « Je regarde d’abord si les autorités locales seraient de mon côté en cas de problème », précise-t-il. Cette vigilance est partagée par Danny Kronström, créateur du site Gay Voyageur, qui note que « la sécurité est un sujet récurrent pour les personnes LGBT qui voyagent ».

Des ressources comme les cartes interactives d’Equaldex, qui suivent l’évolution des droits LGBTQ+, et des plateformes comme Airbnb et Misterb&b, qui répertorient les établissements LGBT-friendly, sont devenues essentielles pour les voyageurs.

Expériences de voyage

Marine L., une journaliste lesbienne de 35 ans, a également pris l’habitude de consulter les recommandations du ministère des Affaires étrangères avant de partir. Ses expériences ne sont pas toujours positives. Lors d’un séjour au Maroc, elle se souvient d’un incident où un membre du personnel est entré dans sa chambre à un moment inopportun, provoquant une panique. « J’ai eu l’impression de passer une semaine sur la retenue », confie-t-elle.

Léonie Nogueira, qui voyage avec sa femme et leur enfant, fait preuve d’une grande prudence. En stationnant leur camping-car dans des zones moins accueillantes, elles passent leurs réseaux sociaux en mode privé pour éviter tout risque.

Autocen et boycott

Les voyageurs LGBT+ doivent parfois recourir à l’autocen, comme l’a fait l’influenceuse Courtney Vondran lors d’un voyage en Égypte. Elle a retiré les drapeaux arc-en-ciel de ses réseaux sociaux pour éviter des complications.

Émeric a choisi de boycotter les pays qui sont politiquement hostiles à la communauté LGBT. « Hors de question que je donne le moindre centime à des pays qui oppressent les personnes homosexuelles », déclare-t-il.

Les défis auxquels sont confrontés les touristes LGBT+ soulignent la nécessité d’une vigilance accrue lors de la planification de voyages dans certaines régions du monde, où la sécurité et l’acceptation demeurent des préoccupations majeures.

Source : ILGA

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