Présidentielle : Fabien Roussel fait un pas de plus vers une nouvelle candidature

Présidentielle : Fabien Roussel fait un pas de plus vers une nouvelle candidature

Réélu dimanche à la tête du Parti communiste français avec 70,1 % des voix, Fabien Roussel devrait confirmer son intention de briguer une nouvelle fois l’Élysée. Une stratégie qui suscite des critiques à La France insoumise, mais aussi des réserves au sein même du PCF.

La route vers l’Élysée se précise pour Fabien Roussel. Réuni en congrès depuis vendredi à Lille, le Parti communiste français a reconduit dimanche matin son secrétaire national à la tête du parti avec 70,1 % des voix. Dans la foulée, il devrait confirmer son intention d’être candidat à l’élection présidentielle de 2027.

La prochaine étape est fixée au 6 septembre, lorsque les militants devront désigner le candidat communiste à l’Élysée. Cependant, Fabien Roussel ne fait guère mystère de ses intentions. « J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois », a-t-il déclaré vendredi à la tribune du 40e congrès du PCF. Selon lui, les militants « ont exprimé un choix, celui du combat plutôt que celui du retrait, celui de la bataille idéologique plutôt que de l’effacement ». Le secrétaire national sort également renforcé de sa réélection, en mars, à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord.

Si Fabien Roussel conserve le contrôle du parti, son orientation rassemble moins largement que par le passé. Début juin, le texte présenté par la direction du PCF a recueilli 61,4 % des suffrages, soit environ 14 800 voix sur les 24 600 adhérents ayant participé au scrutin. Lors du précédent congrès, en 2023, son orientation avait été approuvée par 81,9 % des votants, soit 23 900 voix. Le texte adopté cette année affirme que « les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l’élection présidentielle ».

Cependant, la perspective d’une candidature communiste ne fait pas l’unanimité. Le président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu, s’y est notamment opposé, affirmant : « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour le Parti communiste de présenter un candidat ». Le député se montre plus favorable à un accord avec La France insoumise permettant notamment de garantir des circonscriptions aux communistes lors des prochaines élections législatives.

Des opposants internes avaient également tenté d’imposer une « clause de revoyure » à l’automne, qui aurait permis de réexaminer la stratégie présidentielle du parti. Celle-ci a été rejetée samedi par les militants. « Pour ma part, je ne me vois pas être candidat à la présidentielle et remettre en cause ma candidature en cours de campagne », avait prévenu Fabien Roussel dans L’Humanité.

La perspective d’une nouvelle candidature de Fabien Roussel ravive également les tensions avec La France insoumise. Le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, a estimé cette semaine que « la position très solitaire de Fabien Roussel a plutôt reculé », dénonçant son « entêtement » à vouloir se présenter. Jean-Luc Mélenchon a réagi, déclarant : « Nous prenons acte de cette rupture ».

Les relations entre les deux formations restent marquées par la présidentielle de 2022. Fabien Roussel avait obtenu 2,28 % des suffrages, soit environ 802 000 voix. Jean-Luc Mélenchon avait échoué à 420 000 voix de Marine Le Pen et d’une qualification pour le second tour. Depuis, LFI reproche régulièrement au candidat communiste d’avoir contribué à cet échec, une accusation rejetée par Fabien Roussel, qui défend une stratégie d’affirmation du PCF.

« Nous ne pratiquons pas la chaise vide », a-t-il récemment déclaré dans L’Humanité. Selon lui, l’absence du PCF à l’élection présidentielle risquerait au contraire de renforcer l’abstention. Après son échec aux législatives de 2024, où il avait perdu son siège de député, Fabien Roussel mise désormais sur son ancrage local et sur une ligne politique destinée à reconquérir une partie des classes populaires passées à l’extrême droite. La candidature doit encore être formellement validée par les militants en septembre.

Source : La Tribune.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *