Vrai ou faux : Les 500 plus grandes fortunes s’accaparent-elles vraiment 42% du PIB ?
La députée de La France insoumise, Mathilde Panot, a récemment déclaré que les 500 plus grandes fortunes de France « s’accaparent 42% du PIB », qualifiant cela de « pillage ». Cependant, cette affirmation mérite d’être nuancée.
En effet, cette comparaison repose sur une interprétation trompeuse. Selon des estimations, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes françaises serait de 1 128 milliards d’euros en 2025, tandis que le produit intérieur brut (PIB) de la France était évalué à 2 919,9 milliards d’euros en 2024. En apparence, cela donnerait l’impression que ces fortunes représentent environ 38% du PIB. Toutefois, cette approche confond deux concepts économiques distincts : le patrimoine, qui est un stock, et le PIB, qui est un flux.
Le patrimoine se compose d’actions, d’entreprises et d’autres actifs accumulés sur plusieurs années, tandis que le PIB me la production de richesse sur une période donnée. Cette distinction est essentielle, comme l’a souligné l’économiste François Geerolf de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui a qualifié cette comparaison de « confusion statistique ».
Pour avoir une perspective plus précise, il serait pertinent de considérer le produit intérieur net (PIN), qui prend en compte l’u du capital. En 2024, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes équivaudrait à environ six mois de PIN. De plus, en comparant ce patrimoine au total du patrimoine des ménages français, qui s’élevait à environ 15 000 milliards d’euros, on constate que les 500 plus grandes fortunes représentent 7% du patrimoine total des ménages.
Les inégalités de patrimoine sont marquées en France. Selon l’INSEE, les 10% des ménages les plus riches détiennent près de la moitié du patrimoine brut, tandis que les 10% les plus aisés en termes de niveaux de vie ne détiennent qu’un quart des niveaux de vie.
En conclusion, l’affirmation selon laquelle les 500 plus grandes fortunes s’accaparent 42% du PIB est fondée sur une comparaison inappropriée entre le patrimoine et le PIB.
Source : Franceinfo, INSEE.