Centaines de milliers d’euros, mystérieux intermédiaires, sponsors prestigieux : les profits occultes du trash-Web en toile de fond du procès de Naruto et Safine à Nice

Centaines de milliers d’euros, mystérieux intermédiaires, sponsors prestigieux : les profits occultes du trash-Web en toile de fond du procès de Naruto et Safine à Nice

Sur la Toile, le trash fait recette. Non seulement en termes de vues et de followers, mais également en euros. Une enquête ouverte, avant la mort en direct de Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, a révélé des flux financiers significatifs liés à la chaîne en ligne « Le Lokal », comme l’a rapporté Mediapart en décembre 2024. Une bande de « Youtubeurs » de la vallée du Paillon avait ciblé ce marginal de 46 ans, qui, malgré son statut, tirait un revenu substantiel de ses activités.

Les enquêteurs du service local de police judiciaire et du groupe interministériel de recherche ont mis au jour des flux financiers considérables, atteignant des centaines de milliers, voire des millions d’euros. Ces sommes sont versées par des plateformes de diffusion et des entreprises en quête de visibilité. Les contributions directes des internautes, qui variaient de quelques euros à des montants plus conséquents pour voir des contenus souvent malsains, semblent insignifiantes en comparaison.

Sociétés dédiées et comptes personnels

La maltraitance en direct peut rapporter gros. La société Jeanbarette a encaissé 125 000 euros depuis sa création en 2021 jusqu’au décès de son fondateur en août 2025. Ce montant ne représente qu’une fraction des revenus de Jean Pormanove, qui aurait perçu au moins autant directement sur ses comptes personnels, notamment via des opérateurs comme Kick, Google, PayPal et Pipo Europe Limited, l’entité de paiement utilisée par TikTok.

Des intermédiaires, tels qu’Uni-Verse, radiée après quelques mois, ou BA2S, une agence de publicité, jouent un rôle clé dans ce système. L’enquête a également mis en lumière des liens avec des influenceurs et des figures notables du secteur des cryptomonnaies.

Le PSG et bien d’autres comme sponsors

Ces sociétés ne se contentent pas de monnayer l’audience de leurs protégés, mais cherchent également des entreprises prêtes à financer des événements en ligne. Les montants retracés dans l’enquête niçoise s’élèvent à près de 2,5 millions d’euros, payés par des géants comme Asus, Acer, et même le PSG.

Owen Cenazandotti, alias Narutovie, a tiré un revenu de plus de 450 000 euros en trois ans, souvent versé sur les comptes de sa société ou directement dans sa poche, avec peu de retour pour ses comparses. L’enquête révèle également une tendance à ignorer les obligations fiscales, avec des virements opaques vers Malte.


Source : Mediapart

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